Du côté des dépenses de santé

mercredi 28 octobre 2015
par  Outils
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Une fois regardés les modes de financement, actuels ou possibles, de l’assurance maladie, créée pour prendre en charge les soins de la population, regardons du côté des dépenses.

Les dépenses de santé augmentent chaque année depuis les années 1980, de 2 à 2,5% par an. La France consacre à la santé 12% de son PIB, contre 3,5% en 1960 et 8,4% en 1990. Les Etats-Unis y consacrent 17,4% de leur PIB, l’Allemagne 16% et la Grande-Bretagne a décidé de passer de 6,4% de son PIB consacré à la santé en 2000 à 8,4% en 2008 (8.8% en 2014).

Les dépenses de l’assurance maladie se répartissaient en France en 2003 en 50,5% pour les hôpitaux (dont 17% les hôpitaux publics) et 47% en soins de ville dont 21,6% pour les honoraires des médecins, et 31,5% pour les prescriptions (14,5% en médicaments). Les dépenses en soins de ville augmentent régulièrement, les indemnités journalières ont beaucoup augmenté entre 1990 et 2002 mais moins maintenant, la dépense de médicaments a été plus forte en 2014.

Les Français sont les plus gros consommateurs de médicaments d’Europe, et les prix des nouveaux médicaments sont prohibitifs (1/3 des médicaments mis sur le marché en 2003 étaient à l’origine d’1/3 de la croissance de la consommation pharmaceutique et les médicaments de l’hépatite C ont à eux seuls fait exploser les dépenses de santé en 2014). Par ailleurs l’innovation est très faible (1 médicament à amélioration du service médical rendu important contre 148 à ASMR faible sur 167 nouveaux médicaments en 2013). Les modes de prescription influent sur la consommation de médicaments : 80% des médecins prescrivent moins de 40% des médicaments, et 6% en prescrivent 28%. Les gros prescripteurs ont plus de patients et les voient plus souvent, alors que leurs patientèles ont les mêmes caractéristiques que les autres.

Les dépenses de l’assurance maladie augmentent car les maladies chroniques augmentent. La consommation de soins augmente avec l’âge (il y a 10 fois plus de dépenses de médicaments après 70 ans par rapport à la consommation entre 10 et 19 ans) car les maladies chroniques augmentent avec l’âge. 5% des consommateurs de soins concentrent 51% des dépenses, et 60% des soins remboursés par la sécurité sociale. Leur âge moyen est de 58 ans, mais 1/3 ont plus de 75 ans.

64% des dépenses liées à la maladie concernent les ALD (affections de longue durée prises en charge à 100%). Ces maladies sont constituées à 84 % par les cancers, les maladies cardiovasculaires, le diabète et les troubles neuropsychiatriques. Les dépenses des soins en ville liées aux ALD ont augmenté de 62% entre 2000 et 2002. En 2011, les cancers représentaient 14,5 milliards € de dépenses de santé, les maladies cardiovasculaires 14,7 M€ et le diabète 15,7 M€. Le nombre de nouvelles personnes concernées par les 6 principales ALD est passé de 400.000 par an en 1997 à 700.000 par an en 2012.

Les dépenses de santé augmentent plus vite que le PIB et une augmentation de la croissance ne suffirait pas à les couvrir. Dans le même temps, la part de la charge des dépenses de santé qui est assumée par les patients augmente, et les inégalités sociales de santé se creusent.

Articles :

  • -Direction de la sécurité sociale : « Les chiffres clés de la sécurité sociale 2014 » http://www.securite-sociale.fr/IMG/pdf/chiffres_cles_2015_web.pdf
  • -Guillaume Sarlat : « Dépenses et recettes de l’assurance maladie, mythes et réalités », Les tribunes de la santé 2004/3 (n°4) p.51-69 http://www.cairn.info/revue-les-tribunes -de-la-sante-2004-3-page-51/htm
  • -Alternatives économiques : Dossier « Santé : des maux et des remèdes » , avril 2015 n°345 p.50-60
  • -Cour des comptes : Sécurité sociale- septembre 2015 : « chapitre XII : l’accès aux soins des ménages défavorisés : un bilan en demi-teinte, une action à mieux cibler » pages 417- 448

Prochain épisode : les dépenses de santé qui restent à la charge des patients


Commentaires

Logo de elisabeth maurel-arrighi
dimanche 8 novembre 2015 à 11h23 - par  elisabeth maurel-arrighi

je viens de discuter avec une infirmière très dévouée du quartier. Elle ressent un énorme mépris de acteurs de terrain par les technocrates de la Sécu ,où les économies sont faites au dépens du travail de terrain et des patients.
Elle a fait une formation pour utiliser le meopa à domicile ( gaz anesthésiant qui permet de faire des soins douloureux sans que le patient souffre) Actuellement elle fait des pansements à domicile pour une dame qui a une énorme ulcération d’un cancer du sein évolué à domicile, . Cela est Payé 25 euros, alors que si cette patiente était à l’hôpital , le prix de journée serait de 500 euros ; C’est une énorme économie pour la secu. Pendant ce temps, les gestionnaires chipotent sur tout. Pour les soins à domicile, il ya une majoration de 5 euros pour soins palliatifs , et la sécurité sociale a appelé un des ses patients pour savoir si c’était vrai qu’il était en soins palliatifs !!!!!
Et par ailleurs, la sécurité sociale laisse l’industrie pharmaceutique faire des marges éhontées sur tous s ses medicaments (le lucentis 800 euros /avanstin 50 euros) .
Il me semble que la question est davantage sur comment est utilisé l’argent de la secu ? Comment sont organisés les soins ? etc
A bientôt d’en reparler au café cordel

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