Diabète et ramadan : un défi pour les médecins et pour les patients - Cordel N°11

lundi 13 avril 2015
par  Martine Lalande
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Diabète et ramadan : un défi pour les médecins et pour les patients - Cordel N°11 -  PDF - 548.6 ko
Diabète et ramadan : un défi pour les médecins et pour les patients - Cordel N°11

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Commentaires

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jeudi 25 juin 2015 à 20h49 - par  Lanja

En fait finalement, je crois que mon attente du cordel était plutôt " mais comment se sont-ils débrouillés eux pour en parler aux patients", donc plutôt une envie de savoir comme se dépatouillent certains soignants dans la situation diabète-ramadan. Forcément, à partir de là, le cordel n’est pas universel, mais serait une main tendue vers les autres soignants pour dire " bah, voilà, on peut éventuellement faire comme ça".

Au stade où nous en sommes nous, à Perpignan, je me dis qu’on a beaucoup à apprendre des gens/patients, et qu’on doit y aller mollo. Ca m’intéresse de connaître vos chemins, vos échecs, vos trébuchements ; mais il y a une partie de travail incompressible pour finir par écrire un cordel à distribuer aux gens ( le cordel sera le fruit du frottement entre nos triturages de méninges, ce que nous savons du quartier, et les propositions des gens). EN quelque sorte, le cordel ne peut être l’objet fini en soi, le but à atteindre.

DOnc :
- pourquoi pas un cordel "notre chemin en tant que soignant dans diabète et ramadan" adressé aux soignants ?

Bon pour l’anecdote et pour finir d’expliquer mon refroidissement à la vue des sourates : ici à Perpignan, des shebabs ( jeunes) se baladent en ville pendant le ramadan, donc ces jours-ci , et font en quelque sorte la "police religieuse" et vérifient qui fait, qui ne fait pas le ramadan, pas correctement etc. Un patient âgé, algérien, mais très mat de peau, me dit qu’il interpelle les personnes " visiblement musulmanes " ( ce sont mes mots, mais je suppose qu’il fait ainsi) pour leur demander si elles font le ramadan, si c’est important pour elles etc. Il en profite, parce que dit-il " il n’a pas l’air arabe, les gens pensent que je suis africain" ( en gros ils ne se méfient pas). Ambiance...

Nous ne travaillons pas avec des soignants musulmans pratiquants. Je dirais que même si c’était le cas, je trouverais cela glissant de les mettre en position de devoir répondre "religieusement" à des références telles. Que dire si on nous cite une autre sourate ( qu’on n’aura forcément pas lu) ou si on nous cite un autre conf que celle de Casablanca ??

Voilà ! beaucoup de choses à dire !! Ca serait bien d’en parler plus !! Notre première étape en tout cas : discuter avec des patients que l’on connaît bien sur leur perception, quelle position possible selon eux pour nous soignants etc. A SUIVRE !!

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mercredi 24 juin 2015 à 23h07 - par  Outils

Je trouve, Lanja, ton retour très intéressant ;
Moi, j’ai souvenir qu’autrefois ,jeune médecin, je disais que " Dieu, si il existe, inch allah, au cas où, que donc Dieu était grand, et qu’il comprenait que quand on avait des maladies, on pouvait, on devait ne pas faire le Ramadan " ; (je ne citais pas de sourate, mais je rapportais ce que j’avais entendu des imams.)
J’avais à l’époque impression que les gens attendaient une parole comme cela pour se déculpabiliser de ne pas faire le Ramadan.

Quand j’ai lu le cordel que Martine ,tu as fait avec des jeunes collègues musulmanes pratiquantes, je me suis dit que quelque chose avait changé. Et que ça ne servait à rien de freiner, si la religion faisait davantage partie du quotidien de nos patients.

Je me dis que peut-être nos cordels peuvent être justement une occasion de discussion et de débat entre nous soignants . Est-ce qu’on peut le voir comme cela ,en insistant plus sur le point de vue personnel de l’auteur, sur sa pratique, et non pas une vérité immuable .
à vos avis bises Elisabeth

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mercredi 24 juin 2015 à 19h02 - par  Martine Lalande

Merci Lanja pour ces remarques

Pas facile de te répondre

En effet, cela fait 3 ans que nous faisons ces ateliers, et du coup c’est devenu très facile pour nous d’aborder le problème en consultation.

On demande aux gens s’ils font le ramadan, et après on leur donne des conseils. En ce moment, je commence par les conseils sur la prise de médicaments, après j’insiste sur la nécessité de boire une bouteille d’eau entière dans la nuit, puis on parle de comment ils mangent habituellement, ce qu’on peut rajouter (des légumes verts surtout, des fruits en fin de repas), l’intérêt de commencer par la soupe et ne pas surcharger son estomac en eau tout de suite sinon on va avoir des ballonnements etc.
Parfois je ne parle que du petit-déjeuner (celui de 3h du mat’) qu’il ne faut surtout pas louper.

On parle aussi de la surveillance de la glycémie avant les repas (et après pour voir comment ça marche : la glycémie qui monte selon ce que l’on a mangé...) et en cas de problème dans la journée (on a le droit de se piquer, bien que tous ne l’acceptent pas). On s’adapte à ce que nous disent les gens de leurs pratiques et habitudes.

Pour les sourates, nous cela ne nous pose pas problème car depuis le début nous faisons ces ateliers avec de jeunes médecins qui sont d’origine maghrébine, elle savent ce dont elles parlent. Cela nous est apparu intéressant de les citer car les gens y font clairement référence, et cela les soulage, semble-t-il, quand on en parle, et ne les choque pas du tout qu’on en ait entendu parler, au contraire. On ne les présente pas comme des vérités, mais des éléments dont on sait qu’ils peuvent compter pour eux.

La principale difficulté que l’on a rencontrée c’est de risquer de laisser penser qu’on peut faire le ramadan alors que l’on a un diabète qui a priori le contre-indique (insulinodépendant ou compliqué) car à force de s’aligner sur ce que font les gens, on peut perdre de vue que pour certains ce n’est vraiment pas une bonne idée et qu’ils attendent qu’on le leur dise, en tant que soignants.

Il y a certainement des choses à changer dans le cordel mais personnellement je n’enlèverais pas les sourates.

En effet ce cordel répond mal à notre objectif d’être compréhensible par soignants/étudiants/citoyens/patients, je m’en rends bien compte en pratique, le grand texte s’adresse plutôt aux soignants, et les 3 autres plutôt aux patients, je le donne sans conviction et ce n’est donc pas idéal. Mais j’ai des collègues qui le donnent à leurs patients sans problème.

Merci d’avoir ouvert le débat, tous les cordels sont perfectibles, et modifiables, et l’occasion de réfléchir ensemble.

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mercredi 24 juin 2015 à 16h44 - par  Lanja

Bonjour Martine et les autres

On potasse diabète et ramadan avec mon collègue.
On revoit nos attitudes par rapport aux patients en ramadan en général.
Bizarrement cette année, on m’en parle plus. Ou alors c’est que je fais plus attention à ce qu’on me dit !!! ;-)

Le cordel sur diabète et ramadan m’a laissée perplexe. EN particulier les sourates de la 4e de couv. Je trouve que c’est très glissant de mettre des références religieuses, comme cette conférence de Casablanca, quand on n’a comme moi aucune culture de ce qu’est l’islam, ni aucune idée de ce qu’il y a dans le Coran. Ecrire ces phrases, c’est pouvoir les discuter si on est interpellés. Et là, je pense que c’est un peu cavalier et même présomptueux. Dans nos quartiers, plusieurs courants circulent ; je reste prudente avec les références ( chez nous, il y a des maghrébins, mais aussi des noirs d’Afrique de l’Ouest, des Somaliens etc...) Ca me met mal à l’aise aussi de montrer que la parole qui compte et qui nous semble dire vrai à nos yeux ce sont ces sourates...
Pour l’instant, j’avais l’impression que nous n’avions pas de place dans les questions de ramadan pour les patients. Et quand ils en parlent, c’est à titre informatif ( ils ne me posent aucune question). Franchement, je me vois mal leur donner le cordel tel quel.

Qu’en pensez-vous ? Peut-être sommes-nous à des étapes différentes par rapport aux rapports avec les patients sur ce sujet.
Avez-vous d’autres retours sur ce cordel, je suis intéressée.
On discute avec Michel ( mon collègue), on va probablement sonder le sujet à la volée avec des patients que l’on connaît bien et éventuellement modifier un peu ce cordel.

Bises
Lanja

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