Le dépistage tardif du covid avec fichage : un système contreproductif et liberticide,

samedi 30 mai 2020
par  Martine Lalande
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par Martine Lalande, généraliste, Collectif Outils du soin. Au moment où l’épidémie se tasse, une campagne de dépistage par test covid non anonyme fausse le débat.

Si le test avait été disponible au début de l’épidémie, cela aurait peut-être aidé à mieux la gérer, en donnant les moyens aux personnes porteuses du virus de s’isoler, de protéger leur entourage et d’être suivies au mieux. Mais rien n’empêchait d’appliquer à ce dépistage le système anonyme des maladies à déclaration obligatoire, adapté aux épidémies, permettant de comptabiliser les cas sans atteindre à la liberté et au secret.
Aujourd’hui, la façon dont le dépistage est proposé pose des problèmes à deux niveaux :
• Se faire tester si on a des symptômes équivaut à être fiché dès le prélèvement dans le nez ou la gorge auprès de la sécurité sociale, sans garantie sur l’utilisation de ce fichier, logé par microsoft. Plus grave, si le test est positif, cela entraîne le fichage de ses proches et de son entourage (collègues de travail...) dont on est censé donner les coordonnées.
• Télécharger le logiciel dans son téléphone pour le repérage des contacts rencontré.es fait participer à un système de surveillance généralisé qui laisse préfigurer une société qui ne respecte pas la vie privée ni les libertés, et à l’appliquer à la santé, domaine sensible.
On n’aurait pas imaginé un système pareil pour le sida ni pour la tuberculose. Au stade où l’on en est de l’épidémie ce n’était pas nécessaire d’inventer un tel cheval de Troie qui va décourager les citoyen.es de participer à un quelconque dépistage. En effet celui-ci ressemble plus à un système de surveillance qu’à un dispositif de préservation de la santé.

Derniere minute. Un article du Code de la Sécurité Sociale vient de paraitre le 27 Mai, qui stipule que jusqu’au 21 juin, la sérologie COVID (recherche d’anticorps pour savoir si on a eu la maladie révélée par une immunité) sera remboursée (si elle est prescrite) sans qu’elle soit inscrite dans le fichier. Cela suppose sans doute qu’on le demande explicitement. Et cela laisse penser que cette sérologie pourra aussi être l’objet d’un fichage par la suite. Peut-être est-ce la réponse de la sécurité sociale à la mobilisation contre le fichage du dépistage actuellement proposé mais elle détourne la question.
Car cela ne change pas le problème de fond où l’on fait croire le contrôle, le fichage seraient des mesures sanitaires, alors que les mesures de santé publique ont été dramatiquement absentes (masques, isolement des patients, protection des soignants …) et que les lobbies du numérique et des assureurs veulent habituer les citoyens à accepter de transférer leurs données de santé à des plateformes où il n’y aura pas de garantie. .
https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do;jsessionid=8C6C2190FA296FBC379E5D2B1EF37852.tplgfr23s_1?cidTexte=JORFTEXT000041923558&dateTexte=&oldAction=rechJO&categorieLien=id&idJO=JORFCONT000041923274


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