Faire reconnaître l’acte d’hospitalité comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

mercredi 14 octobre 2020
par  Outils du soin
popularité : 3%

Des nouvelles du Pôle d’ Exploration des Ressources Urbaines, le PEROU - automne 2020

.

Le Collectif Outils du soin est heureux de vous faire part du projet élaboré par l’association le PEROU, qui regroupe artistes, architectes, chercheurs. Cela nous parait être un chantier parmi d’autres qui aident à soigner la société et celles et ceux qui la composent.
https://www.perou-paris.org/
Faire reconnaître l’acte d’hospitalité auprès de l’Unesco
comme patrimoine culturel immatériel de l’humanité.

[...]Aux destructions, opposer des constructions ; aux déplorations de ce qui ronge, des célébrations de ce qui s’affirme.

De la jungle de Calais, le PEROU a rapporté les preuves d’une humanité capable de toutes les résistances malgré la violence incessante, étatique autant que civile. Ces deux dernières années dans le quartier de la Chapelle à Paris, ce travail d’enquête du PEROU s’est poursuivi avec de multiples chercheurs, artistes, architectes. Il a notamment consisté à célébrer les gestes quotidiens de celles et ceux qui, au sein d’une bibliothèque municipale ou sur une place publique, font l’hospitalité aux personnes cherchant refuge ici-même. Car ces actes font tenir notre humanité, ils sont tout ce à quoi nous tenons aujourd’hui ; car ils sont vitaux pour les générations à venir qui connaîtront, nous le savons, des mouvements migratoires au centuple.

1. Pour une archive européenne des actes d’hospitalité

L’inventaire collaboratif Tout autour. Une œuvre commune, qui compte et conte celles et ceux qui font l’hospitalité, poursuit son déploiement, en italien comme en français, grâce aux témoignages qui nous parviennent des deux côtés des Alpes. En octobre, avec le collectif de graphistes stéphanois Les 171 Canons et dans le cadre de la biennale Traces, nous expérimenterons des formes de publication de cette archive à même le territoire. Le 31 octobre au Centre Culturel de Rencontres de Goutelas, nous débattrons de ce programme d’écriture sans fin et de ses horizons possibles, notamment d’une action en Sicile cet hiver, avec Mireille Delmas-Marty, Sylvie Glissant de l’Institut du Tout-Monde, Marie-José Mondzain, des membres de Quartier Rouge (Felletin), du Collectif Bienvenue (Bordeaux), des amis de Rome et de Palerme, sur invitation du collectif grenoblois le Bureau des Dépositions.

Pour l’écriture de cette archive sur les gestes quotidiens de l’accueil, les témoignages d’ici et d’ailleurs sont précieux, alors merci d’en faire parvenir plus que de raison à Lucie Degenne, à cette adresse : hospitalite@perou-paris.org.

2. Pour une collection photographique de ce que nous bâtissons tous les jours

À Rome cet été avec le collectif Stalker et de nombreux collectifs citoyens organisant l’accueil dans le quartier de l’Esquilino, nous avons créé le « Musée en actes des actes d’hospitalité » au sein du plus grand squat de la ville, Spin Time. Cette institution vive, musée habité s’il en est, a pour fonction de constituer la mémoire visuelle de ce qui a lieu et fait lieu aujourd’hui sur les fronts de l’hospitalité. Cette collection commune, bâtie grâce aux dons de photographes d’Europe entière, s’expose et s’exposera dans le territoire à la force de marches telles celle que nous avons organisée en juillet entre la Villa Médicis et Spin Time avec des dizaines de romains. À Marseille, le collectif d’artistes et d’architectes Calypso 3621 et YesWeCamp nous invitent à Coco Velten du 13 au 17 octobre afin d’y rencontrer des photographes de Marseille et d’ailleurs pour augmenter cette collection et organiser une nouvelle marche.

Que celles et ceux qui veulent contribuer à l’augmentation de cette collection de laquelle seront extraites 10 images pour l’UNESCO contactent Justine Daquin à cette adresse : calypso3621@gmail.com.

3. Pour une cinémathèque de l’hospitalité sans mur

Avec le festival de cinéma « Images de Ville » à Marseille et avec la complicité de l’Association des auteurs et réalisateurs du Sud-Est, nous avons lancé cet été un appel aux cinéastes intitulé « Pour une hospitalité manifeste. Des films qui manquent ». Fin octobre, nous projetterons à Marseille ainsi que sur les réseaux sociaux les courts-métrages qu’une douzaine de réalisateurs nous a d’ores et déjà envoyés, parmi lesquels Aida Begic, Isaki Lacuesta, Robert Guédiguian, Elisa Perrigueur, Roxanne Perrot, Regis Sauder, Sofia Djama. Le lundi 19 octobre à 18h sera ouverte une assemblée virtuelle réunissant réalisateurs et spectateurs pour prolonger l’appel et envisager l’avenir de cette mémoire cinématographique des luttes, au delà de la sélection parmi ces courts-métrages d’un film qui sera présenté à l’UNESCO. Il sera alors question des images qui manquent encore, de l’art et la manière de les faire advenir et circuler, et des mille idées possibles pour instaurer et faire vivre cette Cinémathèque de l’hospitalité sans mur qu’esquisse cet appel aux images.

Pour toute information et proposition, merci de contacter Juliette Ancé au festival Images de ville à cette adresse : programmation@imagedeville.org.

4. Pour un Très Grand Hôtel à Paris, Bruxelles, et bien au-delà.

Avec l’architecte Maëlle Berthoumieu, sous l’œil complice de Jean-Philippe Vassal, le PEROU a suivi l’hypothèse d’une intensification des lieux, des relations, des langues, des joies, que nourrissent les mouvements de solidarité à Paris. Considérant notamment que les gestes qui font l’hébergement solidaire et les hauts lieux d’hospitalité dans l’espace public – à l’instar des petits déjeuners quotidiens de la Cour du Maroc dans le 18e arrondissement de Paris - seront bientôt inscrits au Patrimoine mondial, il fallait un programme pour les reconnaître, les préserver, les transmettre, les augmenter. Ainsi s’est esquissé le Très Grand Hôtel, architecture en archipel étendue tout autour de la Cour du Maroc. Déclaré par un petit film, détaillé par des études publiées sur Mediapart, le Très Grand Hôtel sera présenté à l’UNESCO comme l’une des mesures cruciales du plan d’actions à conduire dans l’avenir. D’ici là, il sera transmis à des équipes d’architectes et activistes à Bruxelles afin que son hypothèse grandisse et s’éprouve à l’aune d’autres contextes urbains.

Si vous souhaitez vous emparer de ce projet et en étudier la nécessité et la possibilité dans d’autres territoires, merci de contacter Maëlle Berthoumieu à cette adresse : contact@perou-paris.org

5. Pour un navire des temps à venir

Le Centre Pompidou-Metz a passé commande à Sébastien Thiéry, coordinateur des actions du PEROU, d’une œuvre interrogeant l’avenir de l’institution muséale. Considérant la prochaine inscription au Patrimoine mondial des actes d’hospitalité, il était à prévoir alors qu’un Musée d’art contemporain devienne un écrin de ceux-ci. C’est dans cette perspective que s’est précisée l’idée de faire appel à Shigeru Ban, architecte du Centre Pompidou-Metz, mais aussi d’architectures d’urgences remarquables à travers le monde, et de concevoir avec lui une extension maritime du Musée, à savoir un navire à mettre à disposition des organisations œuvrant en Méditerranée. Avec Marc Van Pethegem, architecte naval aux expérimentations multiples sur les enjeux de la vitesse, de l’économie d’énergie comme du secours aux personnes, et Marc Ferrand, architecte collaborateur de Shigeru Ban, le travail est engagé afin de présenter à l’UNESCO bientôt cette utopie navale pour le 21e siècle comme l’un des projets majeurs à réaliser pour faire tenir l’humanité à venir. Une œuvre manifeste est donc en gestation, une pièce à même de rendre pensable et possible la création demain de lieux qui, sur mer, sauront épauler et faire se multiplier les gestes des marins sauveteurs comme les gestes de celles et ceux qui, à bord, prennent soin des vies sauvées.

6. Pour une permanence chorégraphique des frontières

Avec Laetitia Angot et la Permanence chorégraphique de la Chapelle, il s’est agi, des semaines durant à Paris, d’éprouver ce que danser pouvait avoir à faire au cœur des chantiers présents comme à venir. Cour du Maroc à Paris, au beau milieu des petits déjeuners et des fêtes saisonnières organisées ici-même, en lien étroit avec les travaux de recherche et de création conduits par les étudiants de l’école d’architecture de Paris-Malaquais ou de l’University of London Institute in Paris, nous avons dansé et nous sommes autrement rapprochés les uns des autres. Parce que ces gestes, ces mouvements, ces élans nous sont apparus cruciaux pour penser, en actes, des relations, des lieux, des attentions nouvelles, nous avons à imaginer comment, plus encore, danser ensemble. Voici l’un des horizons d’une permanence chorégraphique des frontières qui pourrait prolonger ces travaux et, en Europe entière, faire retentir la puissance de ce qui a eu lieu Cour du Maroc ces derniers mois. À l’UNESCO, nous l’exposerons comme l’une des mesures à prendre, permettant de saisir combien l’espace entre les corps s’avère peut-être la première des architectures à bâtir pour que l’hospitalité ait lieu.

Telle est l’actualité du PEROU jalonnée de prises de paroles de Marie José Mondzain, Antoine Hennion, Jean-Michel Frodon ou Sébastien Thiéry dans les semaines et mois à venir, augmentées de publications qui ne manqueront pas, comme cet entretien avec Camille de Toledo publié il y a quelques jours dans l’excellente revue Klaxon et intitulée « Architectures de l’hospitalité ». Tout reste cependant à faire, mais tout sera fait si plus nombreux encore nous nous associons aux chantiers, si plus intensément encore nous construisons des histoires d’avenirs radieux, enfin si plus vigoureusement encore, nous écrivons, photographions, filmons, bâtissons, dansons sur les fronts. Où nous vous donnons rendez-vous.

Du PEROU, automne 2020.

Calendrier des rencontres de cette saison

Mercredi 14 octobre – samedi 17 octobre, Marseille, Coco Velten : workshop « A la recherche de 10 images pour l’UNESCO » avec notamment les collectifs Stalker, Calypso3621, YesWeCamp.
Samedi 17 octobre, 15h, Musée d’histoire de Marseille, discussion entre Sébastien Thiéry, Thierry Paquot et Michel Lussault dans le cadre du cycle « Au gai savoir urbain » organisé par le festival Images de Ville.
Lundi 19 octobre, 18h, Assemblée virtuelle autour de l’appel « Pour une hospitalité manifeste. Des films qui manquent » organisé par le festival Images de Ville.
Vendredi 30 octobre, Centre Culturel de Rencontres de Goutelas, 20h30, « L’hospitalité comme patrimoine mondial », conférence de Sébastien Thiéry (retransmise en direct sur la radio r22 Tout Monde (www.r22.fr)
Samedi 31 octobre, Centre Culturel de Rencontres de Goutelas, 16h30, « L’insurrection des imaginaires », dialogue avec Mireille Delmas Marty, Sylvie Glissant et Marie José Mondzain autour des travaux du Bureau des Dépositions et du PEROU. Diffusion en direct sur la radio r22 Tout Monde.
Vendredi 20 novembre, Auditorium de la Médiathèque du Bachut, Lyon 8e, discussion dans le cadre de la biennale Traces avec la Péniche-accueil Balajo, l’accueil Le PHARE – Foyer Notre-Dame des Sans Abri, Bains-douches Delessert, Ensemble pour un repas, Bibliothèque municipale de Lyon, Centre d’Accueil des Demandeurs d’Asile Forum Réfugiés de Villeurbanne, le PEROU.
Samedi 21 novembre, Villa Gillet Lyon, « De l’accueil », conversation entre Nathalie Quintane et Sébastien Thiéry.


Commentaires

Navigation

Articles de la rubrique

Agenda

<<

2020

 

<<

Octobre

 

Aujourd’hui

LuMaMeJeVeSaDi
2829301234
567891011
12131415161718
19202122232425
2627282930311
Aucun évènement à venir les 48 prochains mois

Annonces

Pour les migrants !

Cévennes, terre de refuge...


Statistiques

Dernière mise à jour

jeudi 29 octobre 2020

Publication

490 Articles
54 Albums photo
36 Brèves
Aucun site
30 Auteurs

Visites

53 aujourd’hui
202 hier
192373 depuis le début
9 visiteurs actuellement connectés