Etre soignant.e n’empêche pas d’avoir le droit d’être respecté.e quand on est malade !

mardi 24 novembre 2020
par  Outils du soin
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La casse des services publics organisée par les gouvernements successifs a engendré une pénurie de personnel aux conséquences dramatiques en période d’épidémie. En particulier de personnel soignant, non remplacé et non étoffé depuis des années et épuisé par le travail en hôpital, centre de soins ou autre institution (EHPAD etc). En témoigne la difficulté de recruter du personnel pour faire face à la recrudescence de l’épidémie, tant les rémunérations et les conditions de travail sont précaires.

Tous ces derniers mois, le ministère de la santé, la DGS (direction générale de la santé) et l’Assurance Maladie ont très souvent incité les soignants malades à ne pas quitter leur poste, ou à le reprendre le plus vite possible. Cette injonction se fait au mépris de la santé des soignant.es malades, tenu.es de guérir au plus vite ou de reprendre leur travail en n’étant pas encore guéri.es. Mais aussi au mépris des mesures d’isolement indispensables à la santé publique et préconisées partout ailleurs, avec les mesures logiques le permettant, dont la suppression des jours de carence en cas d’arrêt de travail pour les personnes ayant été en contact avec une personne atteinte du COVID. Pour les soignant.es, aucun arrêt de travail automatique n’est prévu au niveau de la caisse d’assurance maladie, ils et elles se trouvent donc contraint.es de demander un arrêt à leur médecin traitant, sans jour de carence, ou renvoyé.es vers leur médecin du travail pour des conseils quant à l’arrêt ou le maintien de leur activité malgré la maladie. Par ailleurs, la reconnaissance de maladie professionnelles est toujours aussi difficile à obtenir, car elle exige du ou de la soignant.e d’avoir été hospitalisé.e pour une forme grave de la maladie.

Heureusement, le Haut Conseil de la santé publique a rappelé ses recommandations relatives à la conduite à tenir vis-à-vis des professionnels intervenant en établissement de santé (ES) ainsi qu’en établissement social et médico-social (ESMS) selon leur statut vis-à-vis du SARS-CoV-2. Ce texte [1] qui date de mai 2020 décrit les conditions de la mise en œuvre des arrêts de travail afin d’isoler la ou le soignant.e contaminé.e (durant 7 jours) et de la reprise du travail (au 8ème jour si disparition de la fièvre et amélioration de l’état respiratoire depuis au moins 48 heures)...ainsi qu’un arrêt pour isolement en attendant le résultat du test en cas de contact avec une personne contaminée.
Mais il précise que ces recommandations ne sont valables que quand cela est possible : « sauf en cas de tensions particulières en ressources humaines en période de pic épidémique, en respectant les mesures barrières » [2] … ! Ce qui laisse à l’employeur la possibilité de faire pression sur le ou la soignant.e pour une reprise rapide, même encore malade.

L’hôpital s’est tiré une balle dans le pied en traitant aussi mal ses soignant.es : plus personne ne veut aller y travailler, et ceux et celles qui y travaillent sont de plus en plus épuisé.es et démoralisé.es.
Protégez nos soignant.es, augmentez leurs salaires, allégez leurs conditions de travail, diminuez le personnel administratif des hôpitaux et les systèmes d’évaluation et de contrôle, redonnez du pouvoir aux équipes, respectez leur avis sur leur travail. L’épidémie de COVID est un défi pour l’hôpital, il faut lui donner les moyens de soigner en respectant les droits et la dignité des patient.es, qui passent par ceux des soignant.es.



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