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		<title>Les outils du soin</title>
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		<title>Macron face &#224; la r&#233;volte</title>
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		<dc:date>2018-12-12T13:09:07Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Si l'on comprend bien le discours, le Pr&#233;sident pense, qu'en France, les riches sont trop pauvres, les pauvres trop riches, les citoyens trop libres et pas assez x&#233;nophobes... Cela nous promet un bel avenir. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fran&#231;ois Valla &lt;br class='autobr' /&gt;
Le vent de r&#233;volte qui souffle contre Macron et sa politique ne date pas d'aujourd'hui. La seule interrogation &#233;tait non pas si, mais quand allions-nous y &#234;tre confront&#233;s. N&#233;anmoins, nous sommes tellement matraqu&#233;s par la toute-puissance du syst&#232;me que nous croyons (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/economie/" rel="directory"&gt;ECONOMIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;blockquote class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;h2 class=&#034;spip&#034;&gt;&lt;i&gt;Si l'on comprend bien le discours, le Pr&#233;sident pense, qu'en France,
les riches sont trop pauvres, les pauvres trop riches, les citoyens trop
libres et pas assez x&#233;nophobes...
Cela nous promet un bel avenir.&lt;/i&gt;&lt;/h2&gt;
&lt;p&gt;Fran&#231;ois Valla&lt;/p&gt;
&lt;/blockquote&gt;
&lt;p&gt;Le vent de r&#233;volte qui souffle contre Macron et sa politique ne date pas d'aujourd'hui. La seule interrogation &#233;tait non pas si, mais quand allions-nous y &#234;tre confront&#233;s. N&#233;anmoins, nous sommes tellement matraqu&#233;s par la toute-puissance du syst&#232;me que nous croyons impossible de voir survenir un jour ladite r&#233;volte. Et voil&#224;, subitement, qu'elle advient ! Quant &#224; pr&#233;dire si ce sera une jacquerie ou la R&#233;volution, je ne suis pas Madame Soleil !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quatre &#233;l&#233;ments caract&#233;risent la situation actuelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	Les pr&#233;misses :&lt;strong&gt; une soif du lucre devenue inextinguible &lt;/strong&gt; (cf. &lt;i&gt;Le triomphe de la cupidit&#233;,&lt;/i&gt; , J. Stiglitz, prix Nobel d'&#233;conomie).&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans le pass&#233;, on a reproch&#233; &#224; nos mod&#232;les math&#233;matiques de l'&#233;conomie leur simplisme : maximiser le b&#233;n&#233;fice, en tant que fonction d'optimisation. Fi donc, comment avions-nous os&#233; r&#233;duire l'humanit&#233; &#224; cette caricature ? Eh bien, oui, nous ne nous &#233;tions pas tellement m&#233;pris, nous avions m&#234;me sous-estim&#233; cette r&#233;alit&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;L'Etalon-Argent est devenu l'alpha et l'om&#233;ga de nos existences et cela, sur tous leurs plans, priv&#233; autant que moral. Il est d&#233;sormais la mesure de nos actions, de nos d&#233;sirs, de nos pens&#233;es. Un syst&#232;me profond&#233;ment &lt;strong&gt;in&#233;galitaire&lt;/strong&gt;, aux ambitions &lt;strong&gt;totalitaires&lt;/strong&gt;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En bornant notre constat au seul plan &#233;conomique, cela fait maintenant des dizaines d'ann&#233;es que la valeur ajout&#233;e par les progr&#232;s de productivit&#233; se voit d&#233;vor&#233;e de mani&#232;re croissante et insolente par le capital, au d&#233;triment du travail. La &lt;strong&gt;robotisation &lt;/strong&gt; de l'industrie, &lt;strong&gt;l'informatisation&lt;/strong&gt; des services, au lieu de se traduire par davantage de r&#233;mun&#233;ration du travail et/ou par une diminution du temps de travail ont conduit, au contraire, au ch&#244;mage, au travail &#224; temps partiel, &#224; la baisse du pouvoir d'achat, &#224; la pr&#233;carisation des travailleurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Les &lt;strong&gt;d&#233;localisations &lt;/strong&gt; viennent aujourd'hui aggraver cette situation. Les transferts des &#233;quipements, des services, dans les pays moins d&#233;velopp&#233;s, pour y b&#233;n&#233;ficier autant du bas co&#251;t de la main-d'&#339;uvre que de perspectives de march&#233;s inou&#239;es, se r&#233;v&#232;lent &#234;tre des op&#233;rations extraordinairement juteuses. Elles signent du coup la fin du fordisme en Occident : quel besoin de bien traiter ses salari&#233;s si l'on n'a plus vraiment besoin d'eux pour acheter ses produits ? Robotisation et d&#233;localisations, avec leur cort&#232;ge de ch&#244;mage et pr&#233;carisation, telle est la perspective offerte aujourd'hui aux masses populaires en Occident&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Deuxi&#232;me facteur : face &#224; cette mainmise du capital sur la valeur ajout&#233;e, est venue se greffer &lt;strong&gt;l'incapacit&#233; de l'Etat de la r&#233;guler ou la compenser&lt;/strong&gt;, ne serait-ce que partiellement. Au contraire, la classe politique non seulement s'est montr&#233;e incapable d'&#233;coute, pour ne pas parler de compassion, pour les classes populaires, mais elle s'est comport&#233;e en complice pure et simple des exactions subies par les plus faibles. Le comble a &#233;t&#233; atteint par les sarcasmes d'un Macron moquant cyniquement des ch&#244;meurs trop paresseux, selon lui, pour trouver le travail les attendant de l'autre c&#244;t&#233; de la rue, supprimant l'ISF, th&#233;orisant l'effet b&#233;n&#233;fique pour la soci&#233;t&#233; des &#171; &lt;i&gt;premiers de cord&#233;e &lt;/i&gt; &#187;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Cette faillite de l'&#201;tat est mise en rapport avec celle de la &lt;strong&gt;d&#233;mocratie repr&#233;sentative&lt;/strong&gt;. Il est de fait que ce syst&#232;me a remis le pouvoir entre les mains d'un personnel politique plus enclin &#224; se perp&#233;tuer, qu'&#224; remplir son mandat, plus prompt &#224; cultiver les in&#233;galit&#233;s qu'&#224; servir l'int&#233;r&#234;t g&#233;n&#233;ral. Et jusqu'ici, les partis ont &#233;t&#233; incapables d'inventer et encore moins d'exp&#233;rimenter de nouvelles formes participatives de gouvernement. Comment s'&#233;tonner alors de la m&#233;fiance t&#233;moign&#233;e r&#233;cemment par les gilets jaunes vis &#224; vis de leurs propres repr&#233;sentants ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Troisi&#232;mement, le &lt;strong&gt;Pr&#233;sident paie ses dettes&lt;/strong&gt;. Eh oui, car Macron n'est pas sorti du chapeau par hasard, tout de m&#234;me. Il n'est que de se rappeler le coup de main des assureurs, eux aussi en paiement d'une dette ant&#233;rieure qu'ils avaient contract&#233;e vis &#224; vis du m&#234;me Macron, alors ministre de l'&#201;conomie de Hollande. Lequel Macron, en effet, leur avait offert sur un plateau le passage par leurs services en cr&#233;ant &lt;strong&gt;l'obligation&lt;/strong&gt; pour les entreprises d'inscrire leurs salari&#233;s dans les compl&#233;mentaires sant&#233; (accord dit de l'ANI), oubliant au passage que la S&#233;cu existait et qu'elle pouvait offrir le m&#234;me service pour trois &#224; quatre fois moins cher (voir le &lt;a href='https://outilsdusoin.fr/cordels-imprimables/article/la-secu-a-100-c-est-possible-cordel-no27' class=&#034;spip_in&#034;&gt;r&#233;gime compl&#233;mentaire Alsace-Moselle&lt;/a&gt; et notre &lt;a href=&#034;http://www.outilsdusoin.fr/IMG/pdf/livret_mutu_06_12_17_definitif_v2.pdf&#034; class=&#034;spip_out&#034; rel=&#034;external&#034;&gt;livret sur les Compl&#233;mentaires, page 13&lt;/a&gt;). Et voir ensuite comment les m&#234;mes assureurs s'&#233;taient acquitt&#233;s de leur dette, dans un premier temps en soutenant la candidature de Fillon, pour dans un deuxi&#232;me, &lt;a href='https://outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/secu/article/et-a-la-fin-ce-sont-toujours-les-assureurs-qui-gagnent' class=&#034;spip_in&#034;&gt;rallier Macron&lt;/a&gt; sous la houlette de l'ex PDG d'AXA, dit le &#171; parrain &#187; du patronat fran&#231;ais. Apr&#232;s cela, Macron pouvait-il d&#233;cemment faire moins que supprimer l'ISF pour des affid&#233;s tellement complaisants ? La moindre des choses&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8226;	Enfin, quatri&#232;me et dernier facteur, circonstance aggravante et explicative pour une part non n&#233;gligeable du comportement des classes dirigeantes :&lt;strong&gt; leur incapacit&#233; cong&#233;nitale &#224; traiter avec la r&#233;volte.&lt;/strong&gt; Pourquoi cong&#233;nitale ? Parce que ces &#171; &#233;lites &#187; ont &#233;t&#233; fa&#231;onn&#233;es, s&#233;lectionn&#233;es, recrut&#233;es par un syst&#232;me st&#233;rilisateur, qui les a rendues incapables de faire front &#224; des situations nouvelles. Le moule formateur de l'ENA et autres Grandes &#201;coles o&#249; se fournit la classe dirigeante est un syst&#232;me dans lequel on apprend &#224; se comporter tr&#232;s efficacement face &#224; un nombre restreint et r&#233;pertori&#233; de situations connues. En revanche, on est perdu si, par malheur, il s'agit d'affronter une situation nouvelle.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C'est typiquement la m&#233;saventure advenue au m&#234;me Macron, devenu le jouet de mouvements qu'il ne d&#233;chiffre plus avec les grilles apprises&#8230; Et le voil&#224;, jurant un coup de ne jamais reculer sur la fiscalit&#233; &#233;cologique pour, trois jours plus tard, annoncer le contraire, d&#233;savouant au passage, sans la moindre &#233;l&#233;gance, son propre premier ministre envoy&#233; au charbon pour pr&#244;ner la fermet&#233;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Simultan&#233;ment, le m&#234;me Macron, toujours en retard d'une guerre, continue &#224; s'arcbouter &#224; sa d&#233;cision d'abroger l'ISF et &#224; sa volont&#233; de supprimer des postes de travail dans les services publics, sans comprendre &#224; quel point les r&#233;volt&#233;s sont exc&#233;d&#233;s par l'injustice fiscale comme par le bradage de ces m&#234;mes services publics.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;En r&#233;sum&#233;, &lt;br class='autobr' /&gt;
o	un syst&#232;me &#224; la fois profond&#233;ment in&#233;galitaire et moralement totalitaire, &lt;br class='autobr' /&gt;
o	une crise de la d&#233;mocratie repr&#233;sentative, se traduisant par un mode de gouvernance rejet&#233; par la population, &lt;br class='autobr' /&gt;
o	une porosit&#233; maffieuse entre les plus hauts personnages de l'&#201;tat et le grand patronat, &lt;br class='autobr' /&gt;
o	une incapacit&#233; cong&#233;nitale &#224; concevoir des sorties de crise acceptables. Et, mieux encore &#8211; n'ayons pas peur des mots ! &#8211; inventer le monde de demain.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S.1&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne me serais peut-&#234;tre pas d&#233;cid&#233; &#224; &#233;crire ce texte n'&#233;tait-ce le documentaire &lt;strong&gt;La dignit&#233; du peuple&lt;/strong&gt;, de Fernando Solanas vu r&#233;cemment. Le spectacle des masses populaires r&#233;duites aux &#233;gouts et taudis, les paysans expropri&#233;s par les banques, les usines ferm&#233;es. Le tout, en Argentine, pays tout de m&#234;me riche, mais surtout riche en in&#233;galit&#233;s ! Le sort qui nous est promis en Europe, avec quelques ann&#233;es d'avance ? Mais, simultan&#233;ment, quel message d'espoir et de courage que celui que nous envoient ces paysannes qui d&#233;fient leurs juges, ces hommes et ces femmes qui construisent, en d&#233;pit d'effroyables conditions de vie et m&#234;me d'assassinats, partages et solidarit&#233;s !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S.2&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Du r&#244;le de la &lt;strong&gt;violence&lt;/strong&gt; dans le processus de la contestation. &lt;br class='autobr' /&gt;
On aime ou on n'aime pas. Mais en fait, on n'a pas le choix, les casseurs ne nous demandent pas notre avis et parfois, ne les a-t-on pas vu agir sur ordre de l'&#201;tat lui-m&#234;me ! II semble que l'on soit dans une situation qui s'emballe. La violence qui se fait jour est celle qui accompagne dans l'Histoire les bouleversements r&#233;volutionnaires. On peut la d&#233;sapprouver, mais on ne peut nier qu'elle ait grandement facilit&#233; l'ascension des gilets jaunes, m&#234;me s'ils y sont oppos&#233;s. Malheureusement, l'Histoire de la R&#233;volution est aussi une Histoire de violence, elle qui d&#233;vore ses enfants, selon un sc&#233;nario maintes fois r&#233;p&#233;t&#233;. Y &#233;chapper, tout en pr&#233;servant l'id&#233;al r&#233;volutionnaire lui-m&#234;me, serait un objectif digne de ce mouvement qui se veut r&#233;volutionnaire dans tous les compartiments du jeu, donc aussi celui-l&#224;. L&#224; serait la nouveaut&#233; !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;P.S.3&lt;/strong&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Je ne vais pas me lancer ici dans l'analyse de ce que sont ou ne sont pas les &lt;strong&gt;gilets jaunes&lt;/strong&gt;. D'autres, plus comp&#233;tents que moi, se chargent de le faire. Ce que je vois, en tout cas, c'est la propension des media &#224; faire la part du pauvre &#224; leurs revendications sociales, Quitte, &#224; longueur d'antenne, &#224; leur imputer les maux et violences dont les auteurs premiers ne sont ni les gilets jaunes, ni les casseurs, mais les provocations de l'ex&#233;cutif, avec la complicit&#233; active de la repr&#233;sentation nationale. Et cela ne date pas de Macron, m&#234;me si ce dernier a aggrav&#233; les choses, au point de les th&#233;oriser. &lt;br class='autobr' /&gt;
Car, qui a r&#233;duit &#224; peau de chagrin l'imp&#244;t progressif sur les revenus&#8211; au point que m&#234;me aux Etats-Unis, Mecque du capitalisme, sa part dans les ressources fiscales d&#233;passe la n&#244;tre &#8211;. ? Et pour ce faire, qui a promu, sans vergogne et depuis des ann&#233;es, les taxes et imp&#244;ts indirects pesant indistinctement et de la m&#234;me fa&#231;on sur les diff&#233;rentes couches sociales de la population quels qu'en soient les revenus ? Et qui, enfin, a aboli l'ISF ?&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Alors, quand les media entonnent, &#224; l'unisson avec les privil&#233;gi&#233;s, l'antienne du &lt;i&gt;Trop d'imp&#244;ts&lt;/i&gt;, ou &lt;i&gt;Il est indispensable de r&#233;duire nos d&#233;penses publiques&lt;/i&gt;, je me f&#233;licite, &lt;i&gt;a contrario&lt;/i&gt;, d'entendre les gilets jaunes revendiquer, non pas la baisse des imp&#244;ts, mais la justice fiscale et le maintien des services publics dans les territoires ruraux !&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Image ci-apr&#232;s : photo prise par Danielle dans le m&#233;tro&#8230;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_1697 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_center spip_document_center spip_document_avec_legende' data-legende-len=&#034;28&#034; data-legende-lenx=&#034;&#034;
&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/IMG/jpg/metro_dec_2018_421x750.jpg' width='500' height='281' alt='' /&gt;
&lt;figcaption class='spip_doc_legende'&gt; &lt;div class='spip_doc_titre '&gt;&lt;strong&gt;A bon entendeur... Salut !
&lt;/strong&gt;&lt;/div&gt; &lt;/figcaption&gt;&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;&lt;/div&gt;
		
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	</item>
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		<title>Le Panth&#233;on de &#034;Volo&#034;</title>
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		<dc:date>2015-11-23T22:49:20Z</dc:date>
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		<description>
&lt;p&gt;Lors du d&#238;ner-cordel du 20 Novembre 2015, Pierre Volovitch, qui animait nos d&#233;bats sur le &#034;Trou de la S&#233;cu&#034;, a bien voulu &#233;voquer, en fin de s&#233;ance, son &#034;Panth&#233;on&#034; personnel. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le voici, restitu&#233; &#224; nos lecteurs, pour leur meilleur plaisir, nous l'esp&#233;rons... &lt;br class='autobr' /&gt; Pierre Monatte, 1881-1960 par Roger Hagnauer(n&#176; 63 du Monde Libertaire, octobre 1960) Dans le num&#233;ro de juillet 1960 de la R&#233;volution prol&#233;tarienne, nous avons tent&#233; Maurice Chambelland, Raymond Guillor&#233; et moi d'&#233;clairer la (&#8230;)&lt;/p&gt;


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&lt;a href="https://outilsdusoin.fr/autres-outils-et-themes-en-debats/economie/" rel="directory"&gt;ECONOMIE&lt;/a&gt;


		</description>


 <content:encoded>&lt;div class='rss_chapo'&gt;&lt;p&gt;Lors du d&#238;ner-cordel du 20 Novembre 2015, Pierre Volovitch, qui animait nos d&#233;bats sur le &#034;Trou de la S&#233;cu&#034;, a bien voulu &#233;voquer, en fin de s&#233;ance, son &#034;Panth&#233;on&#034; personnel.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le voici, restitu&#233; &#224; nos lecteurs, pour leur meilleur plaisir, nous l'esp&#233;rons...&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		&lt;div class='rss_texte'&gt;&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Pierre Monatte&lt;/strong&gt;, 1881-1960&lt;br class='autobr' /&gt;
par Roger Hagnauer(n&#176; 63 du Monde Libertaire, octobre 1960)&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_364 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L195xH293/pierre_monate-5a0c4.jpg?1728383701' width='195' height='293' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Dans le num&#233;ro de juillet 1960 de la R&#233;volution prol&#233;tarienne, nous avons tent&#233; Maurice Chambelland, Raymond Guillor&#233; et moi d'&#233;clairer la personnalit&#233; de Pierre Monatte, mort le 27 juin 1960, dans sa soixante-dix-neuvi&#232;me ann&#233;e. Sa biographie parait facile &#224; &#233;crire. On la r&#233;sumerait en trois mots : continuit&#233;, constance, fid&#233;lit&#233;. Ce fils d'artisans de la Haute-Loire : un forgeron et une dentelli&#232;re, de souche paysanne, demeure l'illustration la plus parfaite de cette haute morale du refus de parvenir, d&#233;finie par Albert Thierry qui fut son collaborateur &#224; La Vie ouvri&#232;re, avant de tomber au front en 1915.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Bachelier, maitre d'internat, d&#233;j&#224; suspect pour ses lectures insolites et ses fr&#233;quentations dangereuses, il vient &#224; Paris, et en 1902 il entre comme correcteur dans un atelier d'imprimerie et adh&#232;re imm&#233;diatement &#224; la F&#233;d&#233;ration du Livre. Jusqu'&#224; sa retraite en 1952, il resta dans son atelier ; jusqu'&#224; sa mort il ajouta chaque ann&#233;e une carte syndicale &#224; la collection ouverte &#224; l'&#226;ge de dix-neuf ans.&lt;br class='autobr' /&gt;
***&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien sur, le vieux forgeron auvergnat avait pu croire que son fils Pierre &#233;tait victime de ses mauvaises lectures et fr&#233;quentations (aucun homme, &#224; ma connaissance, ne profitait mieux que Pierre de ce qu'il lisait et de ce qu'il entendait, aucun esprit n'&#233;tait plus r&#233;ceptif que le sien). Mais, par-del&#224; une masse de connaissances acquises, soigneusement enregistr&#233;es, assembl&#233;es et class&#233;es, Pierre gardait le sens ouvrier et paysan, une instruction qui le rendait aussi sensible aux r&#233;actions des forgerons de village qu'&#224; celles des foules ouvri&#232;res parisiennes.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Nous avons rencontr&#233; des r&#233;volutionnaires sinc&#232;res, cherchant les aventures par vocation inn&#233;e et s'engageant dans toute bataille insurrectionnelle comme dans une performance sportive. Pierre Monatte &#233;tait aussi peu aventurier et sportif que possible. Son courage physique et moral semblait si naturel et normal qu'on ne lui a jamais laiss&#233; de place sur le palmar&#232;s des actions d'&#233;clat. C'est l'occasion qui fait le h&#233;ros, dit-on quelquefois. C'est-&#224;-dire que la circonstance extraordinaire r&#233;v&#232;le des qualit&#233;s exceptionnelles et insoup&#231;onn&#233;es. Avec Pierre Monatte, rien de pouvait paraitre extraordinaire ou exceptionnel. Selon le t&#233;moignage de Romain Rolland, &#171; Il &#233;tait de ceux, tr&#232;s rares, qui agissent comme ils parlent, qui parlent comme ils pensent. &#187; L'occasion d'un jour, dans son cas, n'a jamais &#171; fait &#187; le h&#233;ros. Il pensait, parlait, agissait ce jour-l&#224; comme la veille et cela suffisait pour qu'il soit presque seul. Ici, c'est le h&#233;ros de tous les jours... qui a &#171; fait &#187; l'occasion de se singulariser.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Car, il y eut tout de m&#234;me quelques coupures dans cette continuit&#233;. Collaborateur de Pages libres et des Temps nouveaux, il avait particip&#233; au congr&#232;s de la CGT de Bourges (1904) qui d&#233;cida l'historique 1er Mai 1906 et au non moins historique congr&#232;s d'Amiens (1906) qui vota la Charte du syndicalisme, &#224; laquelle nous demeurons fid&#232;les. Il &#233;tait l'un des derniers survivants du syndicalisme de 1906.&lt;br class='autobr' /&gt;
Impliqu&#233; dans le fameux complot... anarcho-bonapartiste ( ? !) imagin&#233; par Cl&#233;menceau, emprisonn&#233; une premi&#232;re fois, il s'exila en Suisse pour &#233;chapper &#224; de nouvelles poursuites et y rencontra celui qu'il influen&#231;a profond&#233;ment, le m&#233;decin de Zurich : Fritz Brupbacher, d&#233;j&#224; h&#233;r&#233;tique dans la social-d&#233;mocratie, plus tard h&#233;r&#233;tique dans le communisme, qui a consacr&#233; &#224; Monatte une de ses premi&#232;res productions et &#224; Jules Vall&#232;s, une de ses derni&#232;res.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La deuxi&#232;me coupure se produisit en 1914. Monatte fut le premier &#224; prendre position contre la politique d'Union Sacr&#233;e &#224; laquelle s'&#233;tait soumise la direction de la CGT. Sa lettre de d&#233;mission du comit&#233; f&#233;d&#233;ral (d&#233;cembre 1914) reste pour nous un v&#233;ritable monument historique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Porte-parole de la minorit&#233; aux congr&#232;s de la CGT, il avait salu&#233; la R&#233;volution russe d'octobre dans laquelle il voyait le prolongement de la Conf&#233;rence internationale de Zimmerwald tenue en 1915. La troisi&#232;me coupure se produisit en 1920 lorsqu'il fut impliqu&#233; dans le grand complot mont&#233; par le gouvernement du bloc national &#224; la suite des gr&#232;ves g&#233;n&#233;ralis&#233;es de cette ann&#233;-l&#224;. Il sortit de prison, acquitt&#233; avec tous ses &#171; complices &#187; un an plus tard. Il devait alors diriger la page sociale de l'Humanit&#233;, au lendemain de la scission conf&#233;d&#233;rale consomm&#233;e en 1922. Il quitta cette maison, o&#249; il ne se sentait gu&#232;re &#224; son aise, une premi&#232;re fois, lorsque les politiciens &#224; la Frossard tent&#232;rent de dresser le nouveau parti contre la R&#233;volution russe. Il la quitta d&#233;finitivement en 1924, lorsque L'Humanit&#233;, le Parti, la CGTU, eurent &#233;t&#233; colonis&#233;s par les agents de Staline.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Et pendant trente-cinq ans sa vie a repris son cours normal. C'est-&#224;-dire qu'il ne sortait de l'atelier que pour consacrer au mouvement ouvrier son intuition presque g&#233;niale, sa vigilance et sa rigoureuse probit&#233;. Il fut l'inspirateur et le guide de tous ceux qui accept&#232;rent de &#171; remonter le courant &#187;... avec plus ou moins de tenacit&#233;, jamais autant de constance et de confiance que lui.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le terme de survivant du syndicalisme de 1906 le d&#233;finit mal. Il ne fut jamais l'homme du mouvement, fid&#232;le sans doute aux formules qui avaient assur&#233; depuis Amiens l'unit&#233; du syndicalisme ouvrier par l'ind&#233;pendance totale et l'espoir r&#233;volutionnaire. En 1914, avant la guerre, il proclamait que l'action par soi-m&#234;me &#171; la lib&#233;ration des travailleurs par les travailleurs eux-m&#234;mes, r&#233;clamait l'&#233;nergie, la tenacit&#233;, la foi de la classe ouvri&#232;re en ses destin&#233;es &#187;. Tout cela &#233;tait ruin&#233; par l'id&#233;e d'une r&#233;volution politique qui &#171; tomberait soudain sur la soci&#233;t&#233; comme un voleur dans la nuit [...]. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
J'ai d&#233;j&#224; signal&#233; que la doctrine de Pierre Monatte se r&#233;sumait parfaitement dans les titres des deux revues qu'il a fond&#233;es : La Vie ouvri&#232;re (de 1909 &#224; 1914), La R&#233;volution prol&#233;tarienne (depuis 1925).&lt;br class='autobr' /&gt;
La Vie ouvri&#232;re, car c'est elle qui porte l'espoir r&#233;volutionnaire. La R&#233;volution prol&#233;tarienne, car la r&#233;volution doit &#234;tre faite par et pour les prol&#233;taires. Il n'a jamais &#233;t&#233; question pour lui de soumettre la vie politique &#224; l'id&#233;ologie r&#233;volutionnaire - ni de d&#233;tacher de la classe ouvri&#232;re une fraction que l'on qualifiera de prol&#233;tariat r&#233;volutionnaire, afin qu'elle se laisse plus facilement encadrer par les professionnels de la r&#233;volution...&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant l'entre-deux-guerres, pendant la guerre, depuis la Lib&#233;ration, les campagnes que nous avons men&#233;es sous son inspiration morale s'inspir&#232;rent de ce double esprit.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il y eut sans doute l'opposition irr&#233;ductible au stalinisme... usurpateur, puis &#171; liquidateur &#187; des conqu&#234;tes et des hommes d'octobre 1917, enfin imp&#233;rialisme monstrueux, sanguinaire et r&#233;actionnaire. La lutte pour l'unit&#233; syndicale, l'unit&#233; ouvri&#232;re, l'unit&#233; pour l'unit&#233;, car il faut &#171; refaire &#187; une classe ouvri&#232;re, Monatte fut l'un des premiers &#224; soutenir le mouvement pour l'unit&#233; d'un syndicalisme d&#233;mocratique, lanc&#233; par Lapeyre, Forestier et Pastre.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre le colonialisme. La R&#233;volution prol&#233;tarienne peut s'honorer d'avoir &#233;t&#233; la premi&#232;re &#224; tirer de l'ombre les noms de Nehru, du Vietnam, de Messali-Hadj... alors que la proscription frappait les pionniers de la lib&#233;ration des peuples colonis&#233;s.&lt;br class='autobr' /&gt;
La lutte contre la rationalisation qui avilit l'homme dans l'ouvrier, comme le stalinisme avilit l'homme dans le militant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Tandis que sous la froide coupole du Colombarium nous attendions dans un silence oppressant que se consum&#226;t le corps de notre vieux guide, je regardais autour de moi les visages pr&#233;sents. Il y avait l&#224; des hommes et des femmes &#224; qui Monatte n'avait pas toujours m&#233;nag&#233; les critiques et les brutales objurgations. Il y avait aussi nombre d'amis libertaires.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Quoi que l'on ait pu &#233;crire, quoi que l'on ait pu penser au cours des soubresauts de notre mouvement, Monatte n'a jamais reni&#233; ses origines anarchistes. C'est au congr&#232;s d'Amsterdam en 1907, &#224; vingt-cinq ans, que s'opposant au grand Malatesta, il avait d&#233;fini magistralement le syndicalisme r&#233;volutionnaire comme la seule voie ouverte &#224; ceux qui veulent cr&#233;er les institutions ouvri&#232;res au sein de la soci&#233;t&#233; bourgeoise, afin de remplacer et d'abattre l'&#201;tat centralisateur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est encore plus par la noblesse de son humanit&#233; et de sa morale qu'il a t&#233;moign&#233; de la pr&#233;sence d'&#171; intrus &#187; dans un monde soumis &#224; l'oppression et &#224; l'exploitation - d'hommes comme lui, qui &#171; n'ont jamais voulu &#234;tre des chefs &#187;, et qui par la dignit&#233; de leur vie ouvri&#232;re, justifient nos espoirs dans une fin digne d'une soci&#233;t&#233; d'hommes libres.&lt;br class='autobr' /&gt;
On a compar&#233; Monatte &#224; Jules Vall&#232;s. Par ses origines, sa formation, son style, il m&#233;rite un tel rapprochement.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mais, c'est surtout de Fernand Pelloutier qu'il se r&#233;clamait - de l'homme qui voulut d'abord &#234;tre un organisateur et aussi et surtout un amant passionn&#233; de la culture de soi-m&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alors que tant de &#171; grands hommes &#187; ou vrais ou faux ne cessent de dire... &#171; Faites-moi confiance ! &#187;... Pierre Monatte n'a cess&#233; de nous r&#233;p&#233;ter : il faut que les ouvriers reprennent confiance en eux-m&#234;mes !... Chaque fois que nous lui disions &#171; tu devrais prendre cela en mains &#187;, il nous r&#233;pondait avec humour : &#171; Si vous vous preniez un peu par la main ! &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Et c'est en cela que ce vieil ouvrier, ce militant &#171; sans galons &#187; ce grand bonhomme qui, pour rester &#171; quelqu'un &#187; n'a jamais voulu &#234;tre quelque chose, fut pour notre g&#233;n&#233;ration, pendant quarante ans, le plus efficace des &#233;ducateurs.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239;&lt;/strong&gt;, 1872-1952&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Mikha&#239;lovnaKollonta&#239; (en russe : &#1040;&#1083;&#1077;&#1082;&#1089;&#1072;&#1085;&#1076;&#1088;&#1072; &#1052;&#1080;&#1093;&#1072;&#1081;&#1083;&#1086;&#1074;&#1085;&#1072; &#1050;&#1086;&#1083;&#1083;&#1086;&#1085;&#1090;&#1072;&#1081;), n&#233;e le 31mars (19 mars) 1872 &#224; Saint-P&#233;tersbourg et morte le 9mars1952 &#224; Moscou, est une femme politiquesocialiste, communiste et militante f&#233;ministesovi&#233;tique. Elle est la premi&#232;re femme de l'Histoire contemporaine &#224; avoir &#233;t&#233; membre d'un gouvernement1 et ambassadrice dans un pays &#233;tranger.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Enfance et &#233;tudes&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_365 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L160xH202/alexandra_kollontai-16583.jpg?1728383701' width='160' height='202' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Alexandra Kollonta&#239;, jeune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fille unique d'un g&#233;n&#233;ral de l'arm&#233;e tsariste nomm&#233; Michel Domoutovitch, issue de l'aristocratie, Alexandra Domoutovitch re&#231;oit une &#233;ducation soign&#233;e et polyglotte. Ses origines partiellement car&#233;liennes lui permettent d'acqu&#233;rir une bonne connaissance de la culture et de la langue finnoises, ce qui orientera sa carri&#232;re &#224; partir de 1939.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s avoir refus&#233;, &#224; l'&#226;ge de 17 ans, un mariage arrang&#233;, elle &#233;pouse &#224; l'&#226;ge de 20 ans un jeune officier dont elle est &#233;prise, qui lui donnera un enfant et son nom en 1893. En 1896, lass&#233;e de la vie de couple, elle rompt avec son milieu d'origine et part &#233;tudier l'&#233;conomie politique &#224; l'Universit&#233; de Zurich, o&#249; elle devient progressivement marxiste. Appr&#233;ciant les voyages, elle parcourt l'Europe, notamment la France, l'Allemagne et l'Italie. Elle se lie avec L&#233;nine et Gueorgui Plekhanov, en exil en Suisse, ainsi qu'avec d'autres figures r&#233;volutionnaires, &#224; l'instar de Rosa Luxemburg en Allemagne ou Paul Lafargue en France, dont elle prononcera l'&#233;loge fun&#232;bre en 19112.&lt;br class='autobr' /&gt;
Premiers engagements politiques&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; adh&#232;re au marxisme et au POSDR en 1898. En 1903 se produit la scission entre bolcheviks et mencheviks : rejetant dans un premier temps l'organisation militaris&#233;e[r&#233;f. n&#233;cessaire] des bolcheviks, elle rejoint les mencheviks. Elle revient un temps en Russie pour participer &#224; la r&#233;volution de 1905.&lt;br class='autobr' /&gt;
Commissaire du peuple et critiques du l&#233;ninisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239;, au centre, assise &#224; gauche de L&#233;nine lors d'une session du conseil des commissaires du peuple entre d&#233;cembre 1917 et janvier 1918.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1914, elle s'oppose &#224; la Premi&#232;re Guerre mondiale, et pour cette raison rejoint les bolcheviks, en 1915. Elle d&#233;clarait ainsi en 1912 : &#171; Le prol&#233;tariat russe, aux c&#244;t&#233;s de celui du monde entier, proteste contre toutes les guerres. C'est un fait bien connu que le prol&#233;tariat ne conna&#238;t aucune fronti&#232;re nationale. Il ne reconna&#238;t que deux &#034;nations&#034; dans le monde civilis&#233; : les exploiteurs et les exploit&#233;s3. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle se r&#233;fugie quelque temps en Europe du Nord puis aux &#201;tats-Unis. Elle participe &#224; la r&#233;volution de 1917 et devient Commissaire du peuple &#224; l'Assistance publique (qui correspond aux actuels minist&#232;res de la Sant&#233;) dans le gouvernement des soviets, de novembre 1917 &#224; mars 1918, ce qui fait d'elle la premi&#232;re femme au monde &#224; avoir particip&#233; &#224; un gouvernement. Elle cr&#233;&#233; le Zhenotdel (minist&#232;re charg&#233; des affaires f&#233;minines) avec In&#232;s Armand.&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; est rapidement en d&#233;saccord avec la politique du parti bolchevik, d'abord avec l'&#233;tatisation de la production au lieu de la collectivisation, puis avec la r&#233;duction des libert&#233;s politiques, les conditions du trait&#233; de Brest-Litovsk et la r&#233;pression contre les autres r&#233;volutionnaires. En 1918, elle fait partie de la tendance &#171; communiste de gauche &#187;, qui publie la revue Kommunist. Elle fonde en 1920 une fraction interne au Parti, &#171; l'Opposition ouvri&#232;re &#187; qu'elle dirige avec Alexandre Chliapnikov et qui r&#233;clame plus de d&#233;mocratie et l'autonomie des syndicats. En 1921, lors du passage &#224; la NEP, elle accuse L&#233;nine d'&#234;tre devenu un d&#233;fenseur du capitalisme.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le droit de fraction est supprim&#233; en 1921 dans le parti bolchevik, qui est devenu le parti unique de Russie, et l'Opposition ouvri&#232;re est dissoute. Alexandra Kollonta&#239; fait cependant partie des signataires d'une lettre ouverte &#233;crite par Alexandre Chliapnikov en 1922.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ambassadrice de l'URSS : un exil diplomatique&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; devient ambassadrice de l'Union sovi&#233;tique en Norv&#232;ge en 1923 &#8212; elle y &#233;tait repr&#233;sentante depuis 1922, mais ce n'&#233;tait pas encore une ambassade &#224; proprement parler &#8212;, ce qui revient &#224; un exil de fait et lui interdit toute action dans la vie politique sovi&#233;tique. Cela fait n&#233;anmoins d'elle la premi&#232;re femme ambassadrice. Elle n'est pas formellement inqui&#233;t&#233;e, mais les journaux de l'&#233;poque l'attaquent avec virulence en mettant l'accent sur sa vie sentimentale sulfureuse, n'h&#233;sitant pas &#224; la surnommer : &#171; la scandaleuse &#187; ou &#171; l'immorale &#187;. Alors qu'elle effectue un voyage aux &#201;tats-Unis en qualit&#233; de repr&#233;sentante du Parti, les journaux sovi&#233;tiques titrent : &#171; La Kollonta&#239;nette part pour l'&#233;tranger ; si &#231;a pouvait &#234;tre pour toujours ! &#187;4. Cet &#233;loignement lui permet cependant d'&#233;chapper aux purges staliniennes, qui frappent notamment les anciens de l'Opposition ouvri&#232;re, entre 1927 et 1929, entra&#238;nant des d&#233;portations au Goulag et des assassinats. Elle marque son mandat en r&#233;cup&#233;rant l'or que l'ancien chef du gouvernement provisoire de la RussieAleksandr Kerenski avait transf&#233;r&#233; en Finlande.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s des missions diplomatiques salu&#233;es &#8212; en tant qu'ambassadrice et &#171; repr&#233;sentante commerciale &#187; &#8212; au Mexique (1926-1927) et &#224; nouveau en Norv&#232;ge (1927-1930), Alexandra Kollonta&#239; est nomm&#233;e ambassadrice en Su&#232;de en 1930 o&#249; elle m&#232;ne les n&#233;gociations pour les deux armistices entre l'URSS et la Finlande, en 1940 et en 1944, et pour l'armistice avec la Roumanie en 1944 (avec NeaguDjuvara). Des hommes politiques finlandais proposeront sa candidature pour le Prix Nobel de la paix, en 1946.&lt;br class='autobr' /&gt;
Victor Alexandrov &#233;voque Alexandra Kollonta&#239;, alors ambassadrice d'URSS dans son r&#233;cit Histoire secr&#232;te du pacte germano-sovi&#233;tique : &#171; Elle avait sans d&#233;semparer attendu le visiteur important qui lui &#233;tait simplement annonc&#233; par un t&#233;l&#233;gramme chiffr&#233;, depuis la veille au soir. Elle avait somnol&#233; sur un canap&#233; de velours, sous le portrait fait d'elle, vingt ans plus t&#244;t, par Annenkov, le peintre officiel du nouveau pouvoir bolchevik. Le temps avait pass&#233; et chiffonn&#233; son agr&#233;able visage aux pommettes saillantes. La premi&#232;re femme &#171; ambassadeur &#187; des temps modernes, celle dont on disait dans les chancelleries occidentales qu'elle &#233;tait le seul &#171; homme de confiance &#187; de Staline, le seul &#224; ne pas risquer d'&#234;tre soudainement liquid&#233; par le NKVD, avait atteint les soixante-sept ans. Souffrant d'une maladie de c&#339;ur, elle supportait les contrastes de l'&#233;t&#233; baltique en abusant de la digitaline &#187; et &#171; Le statut de l'&#171; ambassadrice &#187; (elle ne porta v&#233;ritablement ce titre qu'&#224; partir de 1943) &#233;tait ainsi fait de nombreuses tol&#233;rances, d'abord de la part du camarade Staline qui avait renonc&#233; &#224; lui reprocher une garde-robe outrageusement parisienne, ensuite par les pouvoirs publics et la police de Stockholm, rapidement conquis par son charme slave et son f&#233;minisme d&#233;sinvolte &#187;5.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fin de vie&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollonta&#239; renonce en mars 1945 &#224; ses fonctions et termine sa vie &#224; Moscou, o&#249; elle d&#233;c&#232;de en 1952. Elle est enterr&#233;e au cimeti&#232;re de Novodevitchi.&lt;br class='autobr' /&gt;
F&#233;minisme&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_366 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L280xH246/ak_avec_clara_zetkin-97107.jpg?1728383701' width='280' height='246' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Copenhague, 1910, VIIIe congr&#232;s de l'Internationale socialiste, au centre Alexandra Kollonta&#239; avec Clara Zetkin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme beaucoup de socialistes ou de communistes, Alexandra Kollonta&#239; condamne le f&#233;minisme de son &#233;poque, le consid&#233;rant comme &#171; bourgeois &#187;, puisqu'il d&#233;tourne la lutte des classes en affirmant qu'il n'y a pas qu'une domination &#233;conomique, mais aussi une domination des genres. Mais elle travaille cependant &#224; l'&#233;mancipation de la femme dans le combat communiste ; elle d&#233;clare ainsi : &#171; La dictature du prol&#233;tariat ne peut &#234;tre r&#233;alis&#233;e et maintenue qu'avec la participation &#233;nergique et active des travailleuses6. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle participe &#224; la premi&#232;re conf&#233;rence de l'Internationale socialiste des femmes, le 17 ao&#251;t 1907, &#224; Stuttgart (Allemagne). En 1910, elle accompagne la femme politique allemande Clara Zetkin (qu'elle aide &#224; cr&#233;er la Journ&#233;e internationale des femmes, le 8 mars) &#224; la deuxi&#232;me conf&#233;rence qui se tient &#224; Copenhague ; elle y repr&#233;sente les ouvri&#232;res du textile de Saint-P&#233;tersbourg4. Elles y rencontrent In&#232;s Armand et Rosa Luxemburg.&lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la conf&#233;rence qui a lieu deux ans plus tard &#224; B&#226;le, elle est qualifi&#233;e de &#171; Jaur&#232;s en jupons &#187;)2. Elle est membre honoraire de la British Society for the Study of Sex Psychology2. Elle est membre en 1921-1922 du secr&#233;tariat international des femmes au Komintern, en tant que secr&#233;taire g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'action d'Alexandra Kollonta&#239;, en tant que commissaire du peuple, et de ses cons&#339;urs leur permet d'obtenir le droit de vote et d'&#234;tre &#233;lues, le droit au divorce par consentement mutuel, l'acc&#232;s &#224; l'&#233;ducation, un salaire &#233;gal &#224; celui des hommes, des cong&#233;s de maternit&#233; et l'&#233;galit&#233; de reconnaissance entre enfants l&#233;gitimes et naturels. Le droit &#224; l'avortement est obtenu en 1920 &#8212; il sera limit&#233; en 1936 par Staline, puis r&#233;tabli apr&#232;s la mort de ce dernier. Elle sera au c&#339;ur de nombreuses pol&#233;miques sur la place des femmes dans la soci&#233;t&#233; sovi&#233;tique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Polyamour (amour-camaraderie)&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle pose la question de ce que seront les relations amoureuses dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;r&#233;e de la morale bourgeoise. Appliquant &#224; l'amour le concept marxiste d'id&#233;ologie, elle consid&#232;re qu'&#224; chaque type d'organisation sociale (f&#233;odalisme, capitalisme, etc.) correspond un id&#233;al amoureux, dont les caract&#233;ristiques permettent l'efficacit&#233; et le maintien de cette organisation. Pour elle, l'association entre sentiment amoureux et sexualit&#233; et le principe de fid&#233;lit&#233; au sein du couple mari&#233; sont des principes r&#233;pondant aux besoins de la bourgeoisie dans une soci&#233;t&#233; lib&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le r&#233;formateur religieux Luther, et avec lui tous les penseurs et hommes d'action de la Renaissance et de la R&#233;forme (XVe-XVIe si&#232;cles) mesuraient tr&#232;s bien la force sociale que renfermait le sentiment de l'amour. Sachant que pour la solidit&#233; de la famille &#8211; unit&#233; &#233;conomique &#224; la base du r&#233;gime bourgeois &#8211; il fallait l'union intime de tous ses membres, les id&#233;ologues r&#233;volutionnaires de la bourgeoisie naissante proclam&#232;rent un nouvel id&#233;al moral de l'amour : l'amour qui unit les deux principes [sentiment amoureux et sexualit&#233;]. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
L'amour n'&#233;tait l&#233;gitime que dans le mariage ; ailleurs, il &#233;tait consid&#233;r&#233; comme immoral. Un tel id&#233;al &#233;tait dict&#233; par des consid&#233;rations &#233;conomiques : il s'agissait d'emp&#234;cher la dispersion du capital parmi les enfants collat&#233;raux. Toute la morale bourgeoise avait pour fonction de contribuer &#224; la concentration du capital7. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle estime que le mariage et la fid&#233;lit&#233;, qu'elle appelle la &#171; captivit&#233; amoureuse &#187;, sont amen&#233;s &#224; dispara&#238;tre, et th&#233;orise une nouvelle morale sentimentale, l'amour-camaraderie, pr&#233;figurant le concept moderne de polyamour et bas&#233; sur trois principes :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'&#233;galit&#233; des rapports mutuels.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'absence de possessivit&#233; et la reconnaissance des droits individuels de chacun des membres du couple.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226;	l'empathie et le souci de l'autre r&#233;ciproque (qui n'est exig&#233;, pr&#233;cise-t-elle, que de la femme vers l'homme dans la &#034;civilisation bourgeoise&#034;). Elle-m&#234;me vit des relations amoureuses libres et multiples.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est critiqu&#233;e par L&#233;nine comme par Trotski, plus prudes, qui estiment le couple fid&#232;le comme la forme naturelle d'expression amoureuse. Au courant de ses nombreuses liaisons, L&#233;nine qualifie la vision de Kollonta&#239; de &#171; d&#233;cadente &#187;[r&#233;f. n&#233;cessaire].&lt;br class='autobr' /&gt;
Prostitution (abolitionnisme)&lt;br class='autobr' /&gt;
Alexandra Kollontai milite pour l'abolition des lois r&#232;glementant ou interdisant la prostitution, d&#233;non&#231;ant la r&#233;glementation comme la prohibition de la prostitution comme des &#034;hypocrisies&#034; qui frappent avant tout les prostitu&#233;es les plus d&#233;munies. Le gouvernement dont elle fit parti mit fin aux r&#233;glementations de la prostitution qui existaient sous le r&#233;gime tsariste.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le scandale de cette r&#232;glementation, c'est qu'elle retombe enti&#232;rement sur les femmes des classes pauvres ; devant les prostitu&#233;es riches, la police comme les r&#232;glements ne font qu'&#244;ter poliment leur chapeau7. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Tout en s'opposant farouchement &#224; la prostitution, elle met celle-ci sur un pied d'&#233;galit&#233; avec le mariage tel qu'il existe &#224; son &#233;poque, pr&#233;figurant la notion d'&#233;change &#233;conomico-sexuel de l'ethnologue contemporaine Paola Tabet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise, une femme est pers&#233;cut&#233;e non pas quand elle ne travaille pas utilement pour la collectivit&#233;8, ou parce qu'elle se vend pour des raisons v&#233;nales (deux tiers des femmes de la soci&#233;t&#233; bourgeoises se vendent &#224; leur &#233;poux l&#233;gitime), mais lorsque leurs relations sexuelles sont informelles et de courte dur&#233;e. Le mariage dans la soci&#233;t&#233; bourgeoise se caract&#233;rise par la dur&#233;e et la nature formelle de son enregistrement. L'h&#233;ritage de la propri&#233;t&#233; est ainsi pr&#233;serv&#233;. Les relations temporaires sans validation officielle sont consid&#233;r&#233;es par les bigots et les hypocrites tenants de la morale bourgeoise comme &#233;tant honteuse. [...]&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour nous, dans la r&#233;publique ouvri&#232;re, il n'est pas important qu'une femme se vende &#224; un homme ou &#224; plusieurs, qu'elle soit cat&#233;goris&#233;e comme une prostitu&#233;e professionnelle vendant ses faveurs &#224; une succession de clients ou comme une femme se vendant &#224; son mari9. &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'oppose &#233;galement &#224; la p&#233;nalisation des clients de la prostitution :&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le probl&#232;me suivant qu'il nous fallut r&#233;soudre f&#251;t de d&#233;terminer si la loi devait punir ou non les clients de prostitu&#233;es. Certains membres de la commission furent pour, mais ils durent renoncer &#224; l'id&#233;e, qui ne suit pas, logiquement, nos pr&#233;misses de base. Comment un client peut-il &#234;tre d&#233;fini ? Est-il quelqu'un qui ach&#232;te les faveurs d'une femme ? Dans ce cas, les maris de nombreuses femmes l&#233;gales seraient coupables. Qui d&#233;cide qui est client et qui ne l'est pas10 ? &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour elle, la fin de la prostitution (&#034;qui est une violence que s'inflige une femme &#224; elle-m&#234;me pour des raisons financi&#232;res&#034;) doit venir par l'&#233;gale participation des femmes et hommes au travail collectif et &#224; l'&#233;gale distribution des ressources produites, mettant fin &#224; toute n&#233;cessit&#233;, pour les femmes, de se vendre &#224; des hommes en &#233;change d'argent - c'est-&#224;-dire mettant fin &#224; la fois au mariage bourgeois et &#224; la prostitution.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Karol Modzelewski&lt;/strong&gt;, n&#233; en 1937&lt;br class='autobr' /&gt;
Karol Modzelewski (n&#233; le 23novembre1937 &#224; Moscou) est un historien, &#233;crivain, dissident et homme politique polonais.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son p&#232;re, ZygmuntModzelewski (1900-1954) &#233;tait un militant communiste qui v&#233;cut en France de 1923 &#224; 1937, o&#249; il fut membre du comit&#233; central du Parti communiste de 1924 &#224; 1925, avant de r&#233;sider &#224; Moscou de 1937 &#224; 1945, puis de devenir haut responsable du Parti ouvrier unifi&#233; polonais, d'exercer les fonctions de ministre des affaires &#233;trang&#232;res et de membre du Conseil d'&#201;tat (pr&#233;sidence collective de la R&#233;publique).&lt;br class='autobr' /&gt;
Karol Modzelewski fait ses &#233;tudes &#224; l'universit&#233; de Varsovie avant d'y enseigner l'histoire. Il est exclu en 1964 du Parti ouvrier unifi&#233; polonais. Il publie la m&#234;me ann&#233;e une &#171; lettre ouverte au parti &#187; avec Jacek Kuro&#324;, ce qui lui vaut d'&#234;tre emprisonn&#233; pendant 3 ans. Il participe aux manifestations de mars 1968 et passe 3 ans et demis en prison.&lt;br class='autobr' /&gt;
Au cours des gr&#232;ves de 1980 il propose le nom Solidarno&#347;&#263; pour une nouvelle organisation d'opposition. Il est de nouveau emprisonn&#233; pendant l'&#233;tat de si&#232;ge d&#233;cr&#233;t&#233; par le g&#233;n&#233;ral Wojciech Jaruzelski.&lt;br class='autobr' /&gt;
Karol Modzelewski se fait donc conna&#238;tre par son activit&#233; politique : il a &#233;t&#233; des premiers combats du mouvement ouvrier Solidarno&#347;&#263;. Pourtant la recherche historique l'a tout autant construit.&lt;br class='autobr' /&gt;
O&#249; donc Modzelewski, n&#233; &#224; Moscou en 1937, a-t-il donc appris &#224; parler un fran&#231;ais aussi riche ? &#171; J'avais vingt ans, confie-t-il, j'&#233;tais amoureux, elle &#233;tait Fran&#231;aise &#187;. Karol Modzelewski parle fran&#231;ais et russe, mais aussi italien et bien s&#251;r polonais. &#192; l'universit&#233; de Varsovie, o&#249; il enseigne l'histoire m&#233;di&#233;vale, il est un des rares sp&#233;cialistes &#224; ma&#238;triser les sources lombardes (longobardes), et plus g&#233;n&#233;ralement germaniques, scandinaves et slaves. Cette connaissance des langues a permis qu'il devienne un des meilleurs sp&#233;cialistes des barbares de l'Antiquit&#233; gr&#233;co-latine. Son dernier ouvrage, L'Europe des Barbares, &#233;dit&#233; en 2006 au D&#233;partement Aubier des &#233;ditions Flammarion, est une r&#233;f&#233;rence consacr&#233;e &#224; ces peuples que les Grecs raill&#232;rent en imitant leur bredouillement &#171; bar-bar-bar &#187; pour les nommer. Modzelewski a suivi leur trajectoire d&#232;s le Ier si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
La probl&#233;matique qu'il soutient est que l'Europe ne repose pas uniquement sur l'h&#233;ritage des civilisations grecque et romaine et moins encore sur la christianisation universaliste. En effet, d'o&#249; vient la pratique de la vendetta, la Cour d'assise, la tonte des femmes adult&#232;res, si ce n'est des coutumes barbares.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il plaide pour une reconnaissance de la contribution de la Pologne dans l'Histoire europ&#233;enne. Coup&#233; de ces legs par la domination sovi&#233;tique, la Pologne retrouve ses racines, que le communisme a tent&#233; d'arracher sans toutefois jamais y parvenir tout &#224; fait.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fait remarquable, nulle tension ne transpara&#238;t dans la voix de Modzelewski alors m&#234;me que celui-ci a &#233;t&#233; &#224; trois reprises incarc&#233;r&#233; comme prisonnier politique, pour une dur&#233;e totale de presque neuf ans. Il s'inscrit en cela dans une lign&#233;e d'hommes r&#233;silients. Ainsi, son p&#232;re avant lui, Alexandre Boudnevitch, &#233;l&#232;ve de l'&#233;cole militaire de l'arm&#233;e sovi&#233;tique, fut emprisonn&#233; &#224; Moscou en 1937, au moment culminant des grandes purges, et en r&#233;chappa.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quant &#224; la m&#232;re du m&#233;di&#233;viste, une femme russe passionn&#233;e de philologie romane, elle tomba sous le charme du communiste polonais ZygmuntModzelewski, qu'elle rejoignit d&#232;s 1945 avec le jeune Karol : il devint donc le p&#232;re adoptif du jeune gar&#231;on &#224; qui il donna son nom.&lt;br class='autobr' /&gt;
ZygmuntModzelewski &#233;tait responsable du Parti communiste en Haute-Sil&#233;sie, avant de suivre les ouvriers polonais &#233;migr&#233;s en France. Lorsque Staline d&#233;cr&#233;ta la dissolution du Parti communiste polonais, il fut appel&#233; &#224; Moscou, puis arr&#234;t&#233;. Il s&#233;journa deux ans dans les cachots de la Loubianka. Lorsqu'il fut lib&#233;r&#233;, il fallut le nourrir &#224; la cuill&#232;re.&lt;br class='autobr' /&gt;
Encourag&#233; par ce mod&#232;le de r&#233;silience, Karol MODZELEWSKI fit de l'engagement politique sa seconde nature. En Pologne, &#171; le grand public me conna&#238;t plus comme dissident que comme m&#233;di&#233;viste &#187;, remarque-t-il. Ses activit&#233;s de politique et d'historien n'ont pas cess&#233; d'&#233;voluer en parall&#232;le, l'une nourrissant l'autre tout au long de sa vie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Par exemple, le Moyen &#226;ge : son &#233;tude offre un double avantage. D'abord, elle pr&#233;sente l'avantage de ne pas &#234;tre surveill&#233;e par les commissaires id&#233;ologiques du r&#233;gime. Ensuite, la soci&#233;t&#233; m&#233;di&#233;vale europ&#233;enne trouve un &#233;cho particulier pour un Polonais vivant dans une soci&#233;t&#233; catholique, avec &#171; un penchant communautaire tr&#232;s fort &#187;&lt;br class='autobr' /&gt;
De son exp&#233;rience polonaise vient peut-&#234;tre aussi cette sensibilit&#233; au sort des barbares. &#192; croire qu'il se sent un lien avec ceux que les Grecs et les Romains consid&#233;raient comme des sauvages. Dix-neuf si&#232;cles plus tard, les r&#233;flexes sont les m&#234;mes. Que faire quand un discours officiel pr&#233;vaut et bl&#226;me ceux qui parlent une autre langue ? &#171; La r&#233;volution &#187;, d&#233;clare tranquillement KarolMODZELEWSKI.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il a 19 ans en 1956. Encourag&#233; par le rapport Nikita KHROUTCHEV, il est parmi les ouvriers qui occupent l'usine Zevan. C'est l&#224; qu'il conna&#238;t son premier &#171; frisson insurrectionnel &#187;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques mois plus tard, il s'inscrit au PC et adh&#232;re au courant r&#233;visionniste avec l'intention de continuer la r&#233;volution amorc&#233;e en 1956. Mais la normalisation dirig&#233;e par Wladyslaw GOMULKA r&#233;tablit l'ordre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour avoir r&#233;dig&#233; avec Jacek KURON, autre figure de la dissidence polonaise, un manifeste du r&#233;visionnisme radical, il est exclu du Parti, chass&#233; de l'Universit&#233;, puis arr&#234;t&#233; avec Jacek Kuron en mars 1965. Suit, pour les deux hommes, un s&#233;jour de deux ans et demi en prison. Quand ils en sortent, c'est pour souffler sur les braises de l'agitation universitaire, au c&#244;t&#233; d'Adam MICHNIK. On est alors en 1968. La Pologne enti&#232;re est en gr&#232;ve. Au loin r&#233;sonne le Printemps de Prague.&lt;br class='autobr' /&gt;
Consid&#233;r&#233; comme un leader spirituel de la r&#233;volution, l'historien replonge pour trois ans et demi en prison. Son directeur de th&#232;se, Aleksander GIESZTOR, plaide pour qu'il puisse continuer &#224; &#233;crire. Mais GOMULKA en personne s'y oppose.&lt;br class='autobr' /&gt;
Sa sortie de prison correspond au renversement de ce dernier par la r&#233;volte ouvri&#232;re en 1970 ; la nouvelle direction, celle d'Edward GIEREK, cherche un apaisement : Karol MODZELEWSKI re&#231;oit un poste de ma&#238;tre-assistant &#224; l'acad&#233;mie des sciences de Wroclaw. Sa th&#232;se doctorale, qui porte sur l'organisation &#233;conomique de l'&#201;tat polonais au Moyen &#226;ge, ainsi que sa th&#232;se d'habilitation, sur l'Italie lombarde, sont publi&#233;es. Cependant, la d&#233;cision administrative qui le consacre professeur ne tombera qu'en... 1981, tant le r&#233;gime se m&#233;fie de cet &#233;lectron libre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'apaisement ne dure pas. Au d&#233;but des ann&#233;es 1980, la gr&#232;ve enflamme &#224; nouveau le pays. Les chantiers sont paralys&#233;s. D'immenses usines, comme &#224; Gdansk, sont transform&#233;es en r&#233;publiques ind&#233;pendantes. Karol MODZELEWSKI devient un leader syndical. C'est lui qui, en septembre 1980, propose &#224; la r&#233;union des comit&#233;s r&#233;gionaux &#224; Gdansk de former un syndicat national et de l'appeler &#171; SOLIDARNO&#346;&#262; &#187;. Il en devient le porte-parole.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; C'&#233;tait irr&#233;sistible, se souvient-il, et quelle foule ! &#187; Mais la peur est l&#224; : reconna&#238;tre la libert&#233; syndicale, c'est presque un suicide pour le r&#233;gime communiste. Et si ce dernier s'effondre, c'est la porte ouverte &#224; une intervention sovi&#233;tique. Il faut donc trouver un compromis et parvenir &#224; cohabiter.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quinze mois plus tard, le g&#233;n&#233;ral Wojciech Witold JARUZELSKI, alors Premier ministre, applique la loi martiale afin de couper l'herbe sous les pieds des sovi&#233;tiques et &#233;viter &#224; la Pologne une occupation par les troupes russes..SOLIDARNO&#346;&#262; est dissous, et le m&#233;di&#233;viste de nouveau emprisonn&#233;. Mais, cette fois, l'indignation d&#233;passe les fronti&#232;res. En France, une p&#233;tition men&#233;e par Jacques LE GOFF r&#233;clame la lib&#233;ration de ce confr&#232;re enferm&#233; dans un camp d'internement sans aucune proc&#233;dure.&lt;br class='autobr' /&gt;
De nouveau, Karol MODZELEWSKI doit sa survie &#224; l'Histoire m&#233;di&#233;vale. Il parvient &#224; &#233;crire Les Paysans en Europe m&#233;di&#233;vale qui sera publi&#233; en 1987, trois ans apr&#232;s l'amnistie qui le lib&#233;rera enfin.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les murs sont tomb&#233;s. La d&#233;mocratie a pris le pas sur la tyrannie. Les &#233;lections libres sont devenues une habitude polonaise. En 1989, Karol MODZELEWSKI a &#233;t&#233; &#233;lu s&#233;nateur &#224; gauche, de 1989 &#224; 1991. Mais, en 1991, il retourne vers le Moyen &#226;ge : &#171; Faire la guerre a &#233;t&#233; une n&#233;cessit&#233; du moment. Faire de l'histoire, c'est pour l'historien la mission de sa vie &#187;, constate-t-il. Engag&#233; &#224; gauche, il soutient l'Union du travail, et a soutenu W&#322;odzimierz CIMOSZEWSKI lors de l'&#233;lection pr&#233;sidentielle de 2005. Il est chevalier de l'Ordre de l'Aigle blanc. En 2014 il a obtenu le Prix Nike pour son autobiographie Zaje&#378;dzimykoby&#322;&#281;historii. Wyznaniapoobijanegoje&#378;d&#378;ca&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Eug&#232;ne Varlin&lt;/strong&gt; 1839-1871 : Aux origines du mouvement ouvrier et du syndicalisme &lt;br class='autobr' /&gt;
vendredi 13 avril 2012&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_367 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L195xH230/eugene_varlin-11f84.jpg?1728383701' width='195' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Portrait d'Eug&#232;ne Varlin par F&#233;lix Valloton &lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Varlin na&#238;t le 5 octobre 1839 &#224; Claye-Souilly en Seine-et-Marne, &#224; 37 km de Paris, sur la route de Meaux. Son p&#232;re poss&#232;de quelques arpents de vigne, insuffisants pour nourrir la famille. Pour compl&#233;ter son revenu, il travaille comme journalier dans les fermes avoisinantes. Sa m&#232;re est femme au foyer et &#233;l&#232;ve trois gar&#231;ons, Eug&#232;ne, Louis, Hippolyte et une fille, Cl&#233;mence.&lt;br class='autobr' /&gt;
La famille Varlin est de souche r&#233;publicaine. Jean Adrien Varlin a install&#233; la premi&#232;re municipalit&#233; r&#233;publicaine &#224; Claye-Souilly en 1792. Le grand-p&#232;re maternel d'Eug&#232;ne, Antoine Duru, a &#233;t&#233; &#233;cart&#233; du conseil municipal en 1851 &#224; cause de ses opinions r&#233;publicaines.&lt;br class='autobr' /&gt;
Bien que vivant pauvrement, les parents Varlin envoient leurs enfants &#224; l'&#233;cole, payante &#224; cette &#233;poque.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Une solide formation g&#233;n&#233;rale et professionnelle. &lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne quitte l'&#233;cole &#224; treize ans, en 1852, pour faire son apprentissage de relieur &#224; Paris, d'abord chez un confr&#232;re de son oncle, Hippolyte Duru, puis chez son oncle luim&#234;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
De 1855 &#224; 1859, il parfait son apprentissage dans plusieurs ateliers. Il est ensuite embauch&#233; comme contrema&#238;tre. En 1860-61, il compl&#232;te son instruction g&#233;n&#233;rale en suivant les cours de l'association philotechnique. En 1862, il s'installe dans ses meubles, 33, rue Dauphine, dans le VIe arrondissement o&#249; il restera jusqu'en 1870. Il commence &#224; apprendre le latin en 1864.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Varlin est maintenant dot&#233; d'une solide formation professionnelle doubl&#233;e d'une bonne instruction g&#233;n&#233;rale.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1857, il participe &#224; la fondation de la Soci&#233;t&#233; civile des relieurs, soci&#233;t&#233; de secours mutuels regroupant ouvriers et patrons. Il y fait son apprentissage de militant ouvrier.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1862, a lieu l'exposition universelle de Londres. Eug&#232;ne Varlin ne fait pas partie de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise mais il contribue &#224; la r&#233;daction du rapport publi&#233; &#224; la suite de ce voyage.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 25 mai 1864 est vot&#233;e la loi qui autorise les gr&#232;ves en l'assortissant de s&#233;v&#232;res restrictions. Les ouvriers relieurs s'engouffrent dans la br&#232;che et cessent le travail en ao&#251;t. Les patrons c&#232;dent sur une partie des revendications. Varlin s'est beaucoup investi dans ce mouvement. Pour le remercier, les ouvriers relieurs lui offrent une montre en argent. Les avantages conc&#233;d&#233;s par les patrons ayant &#233;t&#233; remis en question, une deuxi&#232;me gr&#232;ve se produit en 1865, sans r&#233;sultat positif. Les conflits rendent impossible la cohabitation des ouvriers et des patrons dans la Soci&#233;t&#233; civile des relieurs. Eug&#232;ne Varlin en est exclu en 1866.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Le militant ouvrier. &lt;br class='autobr' /&gt;
Il est alors &#224; l'initiative de la Soci&#233;t&#233; civile d'&#233;pargne et de cr&#233;dit mutuel des ouvriers relieurs de Paris dont il est &#233;lu pr&#233;sident. Dans le conseil d'administration de quinze membres, figure l'ouvri&#232;re relieuse Nathalie Le Mel. Parall&#232;lement, Varlin est &#224; l'initiative, avec la F&#233;d&#233;ration des relieurs, de la Caisse f&#233;d&#233;rative de pr&#233;voyance des cinq centimes dite Caisse du sou dans laquelle les ouvriers versent cinq centimes par semaine pour constituer un fonds dans le but de venir en aide aux gr&#233;vistes.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1864, a &#233;t&#233; cr&#233;&#233;e &#224; Londres l'Association internationale des travailleurs (AIT) plus connue sous le nom de 1re Internationale &#224; laquelle Eug&#232;ne Varlin adh&#232;re en 1865 quand est fond&#233; le bureau parisien qui a son si&#232;ge, 44, rue des Gravilliers dans le IIIe arrondissement. Plus tard, le bureau sera transf&#233;r&#233; rue de la Corderie dans le m&#234;me arrondissement. Les secr&#233;taires correspondants sont des proudhoniens. Varlin fait partie de la commission de vingt membres charg&#233;s de l'administrer. Il collabore aux journaux de l'Internationale, la Tribune ouvri&#232;re puis la Presse ouvri&#232;re. En septembre, il assiste &#224; Londres &#224; la conf&#233;rence de l'Internationale.
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Pour l'am&#233;lioration des conditions de travail des femmes et l'instruction pour tous. &lt;br class='autobr' /&gt;
En septembre 1866, Varlin est d&#233;l&#233;gu&#233; au premier congr&#232;s de l'Internationale &#224; Gen&#232;ve. Il y fait deux propositions qui sont refus&#233;es par la majorit&#233; proudhonienne de la d&#233;l&#233;gation fran&#231;aise. La premi&#232;re concerne l'am&#233;lioration des conditions de travail des femmes en opposition &#224; la notion de femme au foyer. En second lieu, il demande l'enseignement par la soci&#233;t&#233; (et non par la famille), sous la direction des parents, et obligatoire pour tous les enfants.&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s ce congr&#232;s, Varlin devient l'un des trois secr&#233;taires correspondants. Coop&#233;rateur, il fonde, en 1867, la coop&#233;rative de consommation La M&#233;nag&#232;re et l'ann&#233;e suivante le restaurant coop&#233;ratif La Marmite, rue Larrey, dans le VIe arrondissement dont trois succursales fonctionneront en 1870.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale soutient les gr&#232;ves qui se multiplient et apporte une aide financi&#232;re aux gr&#233;vistes en utilisant la Caisse du sou. Le pouvoir r&#233;agit en lan&#231;ant des poursuites judiciaires contre les quinze membres de la commission parisienne de l'Internationale. Ceux-ci d&#233;missionnent et quinze nouveaux membres sont &#233;lus. Parmi eux, on trouve Varlin qui reste secr&#233;taire correspondant avec deux nouveaux venus, Malon et Landrin. Le second bureau, compos&#233; de collectivistes, est beaucoup plus r&#233;solu que le pr&#233;c&#233;dent. Le second congr&#232;s de l'Internationale a lieu en septembre 1868 &#224; Bruxelles. Dans ses notes pr&#233;paratoires, Varlin propose la r&#233;duction de la journ&#233;e de travail &#224; huit heures pour que l'ouvrier puisse s'&#233;duquer, d&#233;velopper son intelligence. Avec le progr&#232;s des machines, ajoute-t-il, le travail sera aussi bien fait. Varlin ne peut pas participer au congr&#232;s car il a &#233;t&#233; condamn&#233; &#224; trois mois de prison lors du deuxi&#232;me proc&#232;s intent&#233; &#224; l'Internationale.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_375 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L154xH230/eugene_varlin2-0e012.jpg?1728383701' width='154' height='230' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Eug&#232;ne Varlin
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; Organisateur des travailleurs et initiateur du syndicalisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Varlin et ses compagnons sortent de prison en octobre 1868. Il leur faut reconstruire l'Internationale en France, qui a &#233;t&#233; d&#233;structur&#233;e par les deux premier proc&#232;s. Ils s'y emploient avec vigueur et succ&#232;s en s'appuyant, en 1869, sur les importants mouvements de gr&#232;ves en France et &#224; l'&#233;tranger qui am&#232;nent &#224; impulser la solidarit&#233;. La caisse du sou est mise &#224; contribution. Varlin pense que l'organisation des forces r&#233;volutionnaires du travail est la question pr&#233;alable &#224; toute r&#233;forme et que la gr&#232;ve est une &#233;cole de lutte. 1869 est aussi l'ann&#233;e du 4e congr&#232;s de l'Internationale &#224; B&#226;le. Varlin y repr&#233;sente les ouvriers relieurs de Paris o&#249; il incarne le mouvement ouvrier parisien. Il rend compte des travaux du congr&#232;s dans un article du Commerce, organe des Chambres syndicales ouvri&#232;res : les soci&#233;t&#233;s corporatives, r&#233;sistance, solidarit&#233; syndicat, m&#233;ritent surtout nos encouragements et sympathies, car ce sont elles qui forment les &#233;l&#233;ments naturels de l'&#233;difice social de l'avenir. Eug&#232;ne Varlin s'affirme ainsi comme l'initiateur du syndicalisme fran&#231;ais tel qu'il se construira &#224; la fin du si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt;
Varlin se rend dans les principales villes et centre industriels de France pour y implanter l'Internationale. Des sections sont fond&#233;es &#224; Marseille, Lyon, Le Creusot, Rouen et dans des dizaines d'autres villes. Au printemps 1870, l'Internationale est &#224; l'apog&#233;e de son influence et de son organisation en France avec environ 100 000 membres.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le pouvoir imp&#233;rial engage un troisi&#232;me proc&#232;s contre l'Internationale. Fin avril, Varlin, menac&#233; d'arrestation, doit se r&#233;fugier en Belgique. Il est condamn&#233; &#224; un an de prison le 8 juillet. Il rentre en France apr&#232;s la proclamation de la R&#233;publique le 4 septembre.&lt;br class='autobr' /&gt;
L'Internationale a &#233;t&#233; d&#233;sorganis&#233;e par la guerre franco-prussienne. Avec Benoit Malon, Varlin essaye d'en renouer les fils et de pr&#233;ciser la position de l'organisation face &#224; la situation nouvelle : Par tous les moyens possibles, nous concourrons &#224; la d&#233;fense nationale qui est la chose capitale du moment. Depuis la proclamation de la R&#233;publique, l'&#233;pouvantable guerre actuelle a pris une autre signification ; elle est maintenant le duel &#224; mort entre le monarchisme f&#233;odal et la d&#233;mocratie r&#233;publicaine&#8230; Notre r&#233;volution &#224; nous n'est pas encore faite et nous la ferons lorsque, d&#233;barrass&#233;s de l'invasion, nous jetterons r&#233;volutionnairement, les fondements de la soci&#233;taire &#233;galitaire que nous voulons.&lt;br class='autobr' /&gt;
Varlin fait partie du Comit&#233; central provisoire des vingt arrondissements qui regroupe les comit&#233;s de vigilance et a son si&#232;ge &#224; la Corderie. Il s'est engag&#233; dans le 193e bataillon de la Garde nationale dont il a &#233;t&#233; &#233;lu commandant. Il en est r&#233;voqu&#233; apr&#232;s la journ&#233;e r&#233;volutionnaire du 31 octobre. Le 15 mars 1871, il devient membre du Comit&#233; central.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le 18 mars 1871, premier jour de la Commune, il occupe, avec son bataillon, l'&#233;tat-major de la Garde nationale, place Vend&#244;me.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lu et martyr de la Commune. &lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Varlin est &#233;lu membre de la Commune dans le VIe arrondissement le 26 mars 1871. Il est successivement membre des commissions des Finances, des Subsistances et &#224; l'Intendance. Oppos&#233; &#224; la cr&#233;ation du Comit&#233; de Salut public, il signe le 15 mai la d&#233;claration de la minorit&#233; qui affirme : La Commune de Paris a abdiqu&#233; son pouvoir entre les mains d'une dictature.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant la semaine sanglante, il se bat sur les barricades dans les VIe,Ve et XIe arrondissements. Il remplace Delescluze, tu&#233; sur une barricade, comme d&#233;l&#233;gu&#233; civil &#224; la guerre. Le 26 mai, il tente de s'opposer, sans succ&#232;s, &#224; l'ex&#233;cution des otages, rue Haxo. Le 28 mai, vers midi, il combat, avec Jean-Baptiste Cl&#233;ment et Ferr&#233; sur la barricade de la rue de la Fontaine-au-Roi, l'une des derni&#232;res de la Commune.&lt;br class='autobr' /&gt;
Dans l'apr&#232;s-midi, &#233;puis&#233;, il se repose sur un banc, rue Lafayette, pr&#232;s de la place Cadet. Reconnu par un pr&#234;tre en civil, il est arr&#234;t&#233; et emmen&#233; sous les injures et les coups des &#171; amis de l'ordre,= &#187; dans le XVIIIe arrondissement. Bri&#232;vement interrog&#233;, il d&#233;cline son identit&#233;, mais refuse d'en dire davantage. D&#233;figur&#233; par les coups, un oeil pendant hors de l'orbite, ses bourreaux l'assoient sur une chaise pour le fusiller. Varlin fait face avec courage au peloton d'ex&#233;cution. Il meurt en criant : Vive la R&#233;publique ! Vive la Commune ! Le lieutenant Sicre, qui l'avait arr&#234;t&#233;, lui d&#233;robe la montre offerte par ses coll&#232;gues relieurs en 1864. Il la pr&#233;sentera comme troph&#233;e dans les soir&#233;es mondaines auxquelles il est invit&#233;.&lt;br class='autobr' /&gt;
Eug&#232;ne Varlin est l'un des personnages les plus embl&#233;matiques de la Commune. Il a laiss&#233; l'image d'un militant sinc&#232;re, irr&#233;prochable, fid&#232;le jusqu'&#224; sa mort h&#233;ro&#239;que, &#224; ses id&#233;aux de justice sociale, d'internationalisme et de libert&#233;. Cent quarante apr&#232;s sa mort, il est un exemple et une r&#233;f&#233;rence pour celles et ceux qui luttent pour les m&#234;mes id&#233;aux.&lt;br class='autobr' /&gt;
YVES LENOIR &lt;br class='autobr' /&gt;
Sources : Dictionnaire biographique du mouvement ouvrier fran&#231;ais, Editions de l'Atelier ; Eug&#232;ne Varlin, chronique d'un espoir assassin&#233;, Michel Cordillot, Les &#233;ditions ouvri&#232;res, 1991&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;C&#233;lestin Freinet &lt;/strong&gt; 1896-1966&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;C&#233;lestin Baptistin Freinet est un p&#233;dagogue fran&#231;ais, n&#233; le 16 octobre 1896 &#224; Gars dans les Alpes-Maritimes, mort le 8 octobre 1966 &#224; Vence dans les Alpes-Maritimes.&lt;br class='autobr' /&gt;
D'abord au Bar-sur-Loup, puis surtout &#224; Vence, il d&#233;veloppe avec l'aide de sa femme &#201;lise Freinet, et en collaboration avec un r&#233;seau d'instituteurs, toute une s&#233;rie de techniques p&#233;dagogiques, bas&#233;e sur l'expression libre des enfants : texte libre, dessin libre, correspondance interscolaire, imprimerie et journal scolaire, enqu&#234;tes, r&#233;union de coop&#233;rative etc. Militant engag&#233;, politiquement et syndicalement, en une &#233;poque marqu&#233;e par de forts conflits id&#233;ologiques, il con&#231;oit l'&#233;ducation comme un moyen de progr&#232;s et d'&#233;mancipation politique et citoyenne.&lt;br class='autobr' /&gt;
Son nom reste attach&#233; &#224; la p&#233;dagogie Freinet qui se perp&#233;tue de nos jours notamment via le Mouvement de l'&#201;cole moderne. Tandis que certaines techniques d&#233;velopp&#233;es par Freinet ont p&#233;n&#233;tr&#233; l'institution scolaire, elles ont &#233;galement pu inspirer la P&#233;dagogie institutionnelle et des approches plus libertaires, autogestionnaires. L'&#201;cole Freinet, de Vence, devenue publique en 1991 est class&#233;e au patrimoine de l'UNESCO.&lt;br class='autobr' /&gt;
Quelques dates importantes de l'itin&#233;raire de C&#233;lestin Freinet et du Mouvement qu'il a initi&#233;&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;a href=&#034;http://www.icem-pedagogie-freinet.org/celestin-freinet-et-son-mouvement&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.icem-pedagogie-freinet.org/celestin-freinet-et-son-mouvement&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
1918 : Apr&#232;s la premi&#232;re guerre mondiale, nombreux sont les enseignants pacifistes marqu&#233;s dans leur chair et dans leur conscience. Syndicalistes r&#233;volutionnaires regroup&#233;s dans la F&#233;d&#233;ration des Membres de l'Enseignement, ils luttent pour que ne se reproduise plus la tuerie de 14-18, pour mettre fin &#224; l'exploitation capitaliste et construire une soci&#233;t&#233; plus juste et plus humaine. Au sein de la commission p&#233;dagogique et dans leur revue &#8220;l'&#201;cole &#201;mancip&#233;e&#8221; ils r&#233;fl&#233;chissent aux moyens de promouvoir une p&#233;dagogie populaire par &#8220;l'&#201;cole Active&#8221; et &#8220;les centres d'int&#233;r&#234;t&#8221;...&lt;br class='autobr' /&gt;
Leurs regards se tournent vers les grands anciens (Rabelais, Rousseau, Pestalozzi ...), vers les exp&#233;riences d'avant 1914 comme celles de Paul Robin &#224; l'orphelinat public de Cempuis dans l'Oise (Enseignement int&#233;gral), de Francisco Ferrer et son &#171; Escuela Moderna &#187; en Espagne (Enseignement rationaliste), et de S&#233;bastien Faure &#224; &#171; La Ruche &#187; pr&#232;s de Rambouillet (Enseignement libertaire). Aussi vers les exp&#233;riences d'Ecole nouvelle de Faria de Vasconcellos pr&#232;s de Bruxelles et de Kirchstensteiner en Allemagne. Ils s'int&#233;ressent aussi de pr&#232;s aux exp&#233;riences des ann&#233;es 20 en Suisse (A. Ferri&#232;re), en Belgique (O. Decroly), en Italie (M. Montessori), aux USA (J. Dewey, plan Dalton), en Allemagne ... et bien s&#251;r aux p&#233;dagogues prol&#233;tariens de l'&#201;cole du Travail de la jeune URSS (Pistrak, Blonskij, Kroupska&#239;a ...). &lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; C&#233;lestin FREINET na&#238;t le 15 octobre 1896 dans une famille modeste &#224; Gars dans les Alpes-Maritimes. Entr&#233; &#224; l'&#201;cole Normale d'Instituteurs de Nice en 1912, il en sort pour &#234;tre mobilis&#233; en 1915. Jeune officier, il est gri&#232;vement bless&#233; au poumon par balle en octobre 1917 au Chemin des Dames. &lt;br class='autobr' /&gt;
1920 : Apr&#232;s une longue convalescence, il est nomm&#233; au Bar-sur-Loup en janvier 1920 o&#249; il restera pendant 8 ans. Passionn&#233; par son m&#233;tier et d&#233;sireux de changer l'&#233;cole, Freinet profite de ses cong&#233;s et rencontre d'autres p&#233;dagogues (Hambourg en 1922, Montreux en 1923, URSS en 1925). Il collabore &#224; des revues d'avant-garde (&#171; Clart&#233; &#187;, &#171; l'&#201;cole &#233;mancip&#233;e &#187;), milite sur le plan syndical et politique et participe &#224; de nombreuses &#339;uvres coop&#233;ratives (&#171; Abeille baroise &#187;). &lt;br class='autobr' /&gt;
1924 : Il introduit une imprimerie dans sa modeste classe rurale et rend compte de ses exp&#233;riences dans diverses revues. &lt;br class='autobr' /&gt;
1926 : Il entreprend une correspondance interscolaire r&#233;guli&#232;re avec Ren&#233; Daniel et sa classe de St-Philibert-en-Tr&#233;gunc dans le Finist&#232;re, puis lance une &#8220;Coop&#233;rative d'Entr'aide p&#233;dagogique&#8221; avec une revue &#8220;l'Imprimerie &#224; l'&#201;cole&#8221;, mettant en place un r&#233;seau des &#8220;Livres de Vie&#8221; compos&#233;s et imprim&#233;s par les &#233;coles travaillant &#224; l'imprimerie. Il &#233;pouse &#201;lise Lagier-Bruno, institutrice et artiste (prix Gustave Dor&#233; de la gravure en 1927). &lt;br class='autobr' /&gt;
1927 : En ao&#251;t, &#224; l'issue du Congr&#232;s syndical de la F&#233;d&#233;ration de l'Enseignement (CGTU) &#224; Tours, se tient le premier Congr&#232;s international de l'Imprimerie &#224; l'&#201;cole avec la pr&#233;sence de la majorit&#233; des 40 premiers adh&#233;rents actifs, dont un d&#233;l&#233;gu&#233; du Minist&#232;re de l'Instruction Publique espagnole. En octobre, sous l'impulsion de R&#233;my Boyau et d'instituteurs girondins, est fond&#233;e la Soci&#233;t&#233; &#8220;Cin&#233;math&#232;que Coop&#233;rative de l'Enseignement la&#239;c&#8221; qui assure pr&#234;ts et vente de films, projecteurs, cam&#233;ras et envisage la production de films p&#233;dagogiques.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_368 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L454xH640/celestin_freinet_1928-f1c94.jpg?1728383701' width='454' height='640' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1928 : Au second congr&#232;s &#224; Paris, les activit&#233;s de l'imprimerie et de la radio fusionnent avec celles du cin&#233;ma au sein de la Soci&#233;t&#233; &#8220;Coop&#233;rative de l'Enseignement La&#239;c&#8221; (C.E.L.) dont la revue est &#8220;l'Imprimerie &#224; l'&#201;cole&#8221;. De &#8220;l'unit&#233; de l'enseignement&#8221; aux &#8220;m&#233;thodes naturelles d'apprentissage&#8221;, les adh&#233;rents de la CEL approfondissent techniques et m&#233;thodes nouvelles, et par souci de mat&#233;rialisme p&#233;dagogique vont &#233;diter les &#8220;Enfantines&#8221;, les &#8220;Fichiers Scolaires Coop&#233;ratifs&#8221;.&lt;br class='autobr' /&gt;
C&#233;lestin et &#201;lise Freinet sont nomm&#233;s &#224; Saint-Paul (de Vence) &#224; la rentr&#233;e scolaire. &lt;br class='autobr' /&gt;
1932 : En f&#233;vrier 1932, Freinet cr&#233;e une brochure documentaire pour les enfants : la &#8220;Biblioth&#232;que de Travail&#8221; (B.T.). En octobre 1932, la revue &#8220;l'Imprimerie &#224; l'&#201;cole&#8221; devient &#8220;l'&#201;ducateur Prol&#233;tarien&#8221;. La CEL produit un court-m&#233;trage engag&#233; &#8220;Prix et profits&#8221; r&#233;alis&#233; par Yves All&#233;gret avec les fr&#232;res Pr&#233;vert comme acteurs&#8230;&lt;br class='autobr' /&gt;
1932-1934 : En pleine mont&#233;e du fascisme et du nazisme en Europe, le Mouvement de l'Imprimerie &#224; l'&#233;cole et son leader Freinet vont &#234;tre la cible de violentes attaques de l'extr&#234;me droite. Charles Maurras lance une vaste campagne contre Freinet dans &#171; l'Action Fran&#231;aise &#187;. &#192; 37 ans, Freinet quitte l'&#201;ducation Nationale ! &lt;br class='autobr' /&gt;
1935 : C&#233;lestin et &#201;lise Freinet ouvrent une &#233;cole priv&#233;e &#8220;prol&#233;tarienne&#8221; avec internat &#224; Vence. Pendant le Front Populaire, Freinet propose un &#8220;Front de l'Enfance&#8221; que pr&#233;side Romain Rolland, et s'adresse aux parents pour promouvoir l'&#233;ducation populaire. Il lance les Brochures d'&#201;ducation Nouvelle Populaires (BENP). &lt;br class='autobr' /&gt;
1937 : Son &#233;cole accueille de nombreux enfants victimes de la guerre civile en Espagne. Une &#233;cole &#8220;C&#233;lestin Freinet&#8221; est ouverte &#224; Barcelone par la G&#233;n&#233;ralit&#233; de Catalogne. &lt;br class='autobr' /&gt;
1939-1944 : Pendant la seconde guerre mondiale, les activit&#233;s du Mouvement Freinet sont interrompues. Freinet est arr&#234;t&#233;, intern&#233; dans plusieurs camps, puis assign&#233; en r&#233;sidence dans les Hautes-Alpes. L'&#233;cole de Vence est ferm&#233;e et saccag&#233;e. Des adh&#233;rents de la CEL subiront la d&#233;portation et p&#233;riront (Bourguignon, Torcatis, Boubou, Varenne, Ballon). &lt;br class='autobr' /&gt;
1945 : &#192; la Lib&#233;ration, Freinet anime le Comit&#233; D&#233;partemental de Lib&#233;ration &#224; Gap et s'occupe d'enfants victimes de la guerre. La CEL red&#233;marre et s'installe &#224; Cannes. &#8220;l'&#201;ducateur&#8221; repara&#238;t d&#232;s 1945 et l'&#233;cole de Vence peut rouvrir. &lt;br class='autobr' /&gt;
1947 : Le Mouvement Freinet se d&#233;veloppe rapidement, s'organisant en 1947 en Institut Coop&#233;ratif de l'&#201;cole Moderne (ICEM). Face aux calomnies lanc&#233;es contre lui par le PCF, Freinet et &#201;lise quittent le Parti en 1948 apr&#232;s 22 ans d'adh&#233;sion. &lt;br class='autobr' /&gt;
1949 : C'est la sortie du film &#8220;L'&#201;cole buissonni&#232;re&#8221; de J.P. Le Chanois, sur un sc&#233;nario d'&#201;lise Freinet, consacr&#233; au Freinet novateur et &#224; l'affaire de Saint-Paul. Ce film populaire sera un succ&#232;s et aura un &#233;norme retentissement. C'est aussi l'ann&#233;e o&#249; para&#238;t le livre &#8220;Naissance d'une p&#233;dagogie populaire&#8221; d'&#201;lise Freinet. &lt;br class='autobr' /&gt;
1950-1954 : Une campagne virulente des staliniens contre Freinet tente sans succ&#232;s de d&#233;stabiliser l'ICEM et la CEL. &lt;br class='autobr' /&gt;
1957 : La FIMEM (F&#233;d&#233;ration Internationale des Mouvements d'&#201;cole Moderne) est cr&#233;&#233;e, regroupant les Mouvements de dix pays et consacrant le rayonnement international de la p&#233;dagogie Freinet. De nouvelles revues : &#8220;Art enfantin&#8221; en 1950, &#8220;Techniques de vie&#8221; en 1959, &#8220;l'&#201;ducateur second degr&#233;&#8221; en 1963, et bien d'autres ... vont voir le jour.&lt;br class='autobr' /&gt;
1964 : L'&#233;cole Freinet est reconnue comme &#233;cole exp&#233;rimentale, et ses enseignants pris en charge par le minist&#232;re de l'&#201;ducation Nationale. Sa renomm&#233;e attire de nombreux stagiaires et visiteurs du monde entier, et tous les &#233;t&#233;s s'y d&#233;roulent des rencontres appel&#233;es &#8220;journ&#233;es de Vence&#8221; avec la participation de personnalit&#233;s et de chercheurs du monde de l'&#233;ducation.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_369 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L202xH216/freinet_1966-1d64b.jpg?1728383701' width='202' height='216' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;1966 : L'itin&#233;raire de Freinet se poursuit jusqu'&#224; sa disparition &#224; 70 ans en 1966, sous le signe des m&#233;thodes naturelles et du t&#226;tonnement exp&#233;rimental, mais aussi des combats sur les conditions de travail ( 25 &#233;l&#232;ves par classe d&#232;s 1953 !) la d&#233;fense de l'enfance et ... de la paix. &lt;br class='autobr' /&gt;
&#201;lise Freinet continuera leur &#339;uvre et assurera la gestion de l'&#233;cole jusqu'&#224; son d&#233;c&#232;s en 1981. Leur fille Madeleine Bens-Freinet l'assumera jusqu'en 1991, date &#224; laquelle l'&#233;cole Freinet, rachet&#233;e par l'&#201;tat, devient &#233;cole publique d'&#201;tat et fait aujourd'hui partie du patrimoine, avec de s&#233;rieuses garanties de reconnaissance de l'&#339;uvre de C&#233;lestin et &#201;lise Freinet. &lt;br class='autobr' /&gt;
1968 : Le Mouvement Freinet continue de poursuivre son chemin, et L'ICEM adopte &#224; p&#226;ques 1968 &#8220;la Charte de l'&#201;cole Moderne&#8221;.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;1978 : Dynamis&#233; par mai 68, L'ICEM p&#233;dagogie Freinet publie les &#8220;Perspectives d'&#201;ducation Populaire&#8221; (PEP) en 1978. &lt;br class='autobr' /&gt;
1986 : Le contexte &#233;conomique ne laisse gu&#232;re de place aux structures coop&#233;ratives et la CEL doit d&#233;poser son bilan, mais red&#233;marre avec la S.A. des PEMF (Publications de l'&#201;cole Moderne Fran&#231;aise). &lt;br class='autobr' /&gt;
1996 : L'UNESCO rend un hommage solennel &#224; Freinet &#224; l'occasion de la c&#233;l&#233;bration de son Centenaire, accueillant 49 d&#233;l&#233;gations d'enfants venus du monde entier et pratiquant la p&#233;dagogie Freinet. &lt;br class='autobr' /&gt;
La Commission Europ&#233;enne, la Pr&#233;sidence de la R&#233;publique et le Minist&#232;re de l'&#201;ducation parrainent cette manifestation. &lt;br class='autobr' /&gt;
De nos jours : Les classes coop&#233;ratives de l'&#201;cole Moderne fonctionnent toujours avec les techniques de l'expression libre et du journal scolaire, de la correspondance interscolaire et des r&#233;seaux, avec l'apport des techniques modernes que sont l'informatique, le minitel, le fax, la vid&#233;o, l'Internet ... Comme &#224; ses origines, un m&#234;me espoir en la libert&#233; de l'enfant et en l'Homme anime les enseignants de l'ICEM, convaincus que la p&#233;dagogie de Freinet, vivante et g&#233;n&#233;reuse, est porteuse d'une &#233;ducation populaire synonyme d'espoir et de modernit&#233; pour le 21&#232;me si&#232;cle.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;strong&gt;Germaine Tortel&lt;/strong&gt; 1896_1975&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_370 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L232xH232/tortel-95c44.jpg?1728383701' width='232' height='232' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;Germaine Denise Tortel, n&#233;e le 4 octobre 1896 &#224; Lyon, ville o&#249; elle est morte le 12 mai 1975, est une p&#233;dagogue fran&#231;aise et cr&#233;atrice de la p&#233;dagogie de l'Initiation qui s'est particuli&#232;rement int&#233;ress&#233;e au dessin d'enfant.&lt;br class='autobr' /&gt;
Germaine Tortel est n&#233;e &#224; Lyon en 18962. Elle est &#233;l&#232;ve de l'&#233;cole normale d'institutrices de Lyon (1913-1916), puis enseigne dans le d&#233;partement du Rh&#244;ne (1916-1932). Elle devient inspectrice de l'enseignement &#233;l&#233;mentaire et des &#233;coles maternelles, dans la Ni&#232;vre et la Loire, puis elle est nomm&#233;e &#224; Paris en 1946, dans une circonscription maternelle, o&#249; elle reste jusqu'&#224; sa retraite (1962). Elle est ensuite charg&#233;e du premier poste de recherche sur l'&#233;cole maternelle cr&#233;&#233; &#224; l'Institut national de Recherche p&#233;dagogique.&lt;br class='autobr' /&gt;
Comme le fit &#233;galement &#201;lise Freinet, cr&#233;atrice de l'id&#233;e d'Art enfantin, elle a port&#233; un regard neuf sur les productions des enfants et en particulier sur le dessin. Elle a cr&#233;&#233; un centre de documentation sur ce sujet. La cr&#233;ation plastique est, pour elle, un moyen d'apprentissage qui permet de comprendre le monde3.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle a travaill&#233; en relation avec des m&#233;decins, des psychologues et des psychiatres : Eug&#232;ne Minkowski, Ren&#233; Diatkine, Ren&#233; Zazzo, Serge Lebovici et notamment M&#225;ria T&#246;r&#246;k qui lui a consacr&#233; un ouvrage intitul&#233; La P&#233;dagogie non-directive de Germaine Tortel (1960).&lt;br class='autobr' /&gt;
Apr&#232;s sa mort est cr&#233;&#233;e en 1977 l'association Germaine Tortel4.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Mus&#233;e national de l'Education &#224; Rouen conserve un fonds important d'oeuvres et documents de sa p&#233;dagogie.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;La p&#233;dagogie d'initiation, une p&#233;dagogie humaniste pour aujourd'hui et pour demain&lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://www.pedagogie-tortel.org/tortel.php&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.pedagogie-tortel.org/tortel.php&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
La p&#233;dagogie d'initiation se propose la formation d'un &#234;tre libre, autonome, conscient et responsable, elle souhaite la participation de l'enfant &#224; sa propre culture.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle est fond&#233;e sur l'expression et l'&#233;coute de l'enfant, l'accueil toujours valorisant de sa parole et de ses premi&#232;res productions, aim&#233;es d&#232;s le d&#233;part, au sein d'un groupe classe fortement uni par un projet commun issu de ses int&#233;r&#234;ts propres, donc fortement motivant, capable de mobiliser et lib&#233;rer en chacun des forces insoup&#231;onn&#233;es.&lt;br class='autobr' /&gt;
Elle s'adresse &#224; l'&#234;tre total de l'enfant, affectif, social, intellectuel, en vue d'un &#233;veil &#224; la Conscience, dans le respect de soi, de l'autre et du monde qui l'entoure, en vue de rejoindre les grandes valeurs humaines universelles.&lt;br class='autobr' /&gt;
La dialectique pratiqu&#233;e permet &#224; chacun de se r&#233;v&#233;ler, de s'enrichir au sein du groupe, l'incite &#224; des efforts de r&#233;flexion, de concentration et de d&#233;passement de soi, afin de progresser dans le d&#233;veloppement de sa pens&#233;e et de tout son &#234;tre.&lt;br class='autobr' /&gt;
Ses innovations&lt;br class='autobr' /&gt;
Beaucoup d'entre elles font aujourd'hui partie int&#233;grante du quotidien dans les classes, d'autres restent encore cependant &#224; d&#233;velopper.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; P&#233;dagogie de l'expression et de la prise de conscience.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; P&#233;dagogie du projet.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Pratique d'une dialectique &#233;ducative au sein du groupe classe :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; les enfants ont la parole ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; &#233;coute de l'enfant ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; appel &#224; une expression personnelle motiv&#233;e : verbale, plastique, corporelle.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Importance donn&#233;e &#224; l'Art et &#224; l'imaginaire :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; apports culturels de qualit&#233; ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; approche : des grandes &#339;uvres, de la grande musique, des beaux textes ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; grande place donn&#233;e au dessin : appel &#224; l'ampleur du geste, appel au grand format, lib&#233;ration du lyrisme enfantin, richesse et diversit&#233; des techniques et mat&#233;riaux offerts &#224; la cr&#233;ation, apparition du dessin collectif.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Ouverture de l'&#233;cole :
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; sur la vie : d&#233;couverte du milieu proche et plus lointain (promenades, voyages, etc.), une cr&#233;ation originale (la classe cuisine, ambiance familiale retrouv&#233;e), l'anniversaire &#224; l'&#233;cole avec signification de la f&#234;te ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aux parents : les familles sont appel&#233;es &#224; participer ;
&lt;br /&gt;&lt;span class=&#034;spip-puce ltr&#034;&gt;&lt;b&gt;&#8211;&lt;/b&gt;&lt;/span&gt; aux autres professionnels : m&#233;decins, chercheurs .&lt;br class='autobr' /&gt;
&#8226; Le psychologue entre &#224; l'&#233;cole.&lt;br class='autobr' /&gt; &lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_372 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L500xH250/harbi-da91b.jpg?1728383701' width='500' height='250' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Mohammed Harbi&lt;/strong&gt;, n&#233; en 1933&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Harbi (1933, El Harrouch) est un ancien haut fonctionnaire, historien et universitaire alg&#233;rien, sp&#233;cialiste de la vie politique et de l'histoire de l'Alg&#233;rie, ancien membre du FLN.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est n&#233; en 1933 &#224; El Harrouch, dans la r&#233;gion de Skikda, en Alg&#233;rie.&lt;br class='autobr' /&gt;
Durant la guerre d'Alg&#233;rie, il exerce d'importantes responsabilit&#233;s au sein du FLN, notamment comme ambassadeur en Guin&#233;e (1960-1961) puis secr&#233;taire g&#233;n&#233;ral du minist&#232;re des Affaires &#233;trang&#232;res (de septembre 1961 &#224; septembre 1962). Il a particip&#233; aux premi&#232;res n&#233;gociations des accords d'&#201;vian. Il est notamment le contact entre le FLN et le Parti communiste internationaliste (PCI, trotskiste pabliste)1.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il fut un collaborateur du vice-pr&#233;sident du GPRA, Belkacem Krim.&lt;br class='autobr' /&gt;
Conseiller de Ahmed Ben Bella, il est emprisonn&#233; en 1965 apr&#232;s le coup d'&#201;tat de Houari Boum&#233;di&#232;ne jusqu'en 1968. En 1971, il est mis en r&#233;sidence surveill&#233;e et interdit de s&#233;jour dans les grandes villes. Il s'&#233;vade et rejoint la France en 1973.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il est l'un des premiers historiens &#224; d&#233;crire le fonctionnement du FLN de lint&#233;rieur dans son livre Aux origines du FLN. Le populisme r&#233;volutionnaire en Alg&#233;rie (1975). Il y d&#233;voile notamment le foss&#233; entre les id&#233;aux de certains de ses membres et les m&#233;thodes adopt&#233;es par le parti nationaliste : &#171; nos id&#233;aux &#233;taient en contradiction avec les moyens qu'imposaient nos dirigeants pour les faire triompher. Libertaire de conviction, [...] je me retrouvais dans une organisation o&#249; l'autoritarisme pl&#233;b&#233;ien inculquait &#224; chacun que le mal se convertit en bien sit&#244;t qu'il se fait au nom de la r&#233;volution. Je souffrais du recours &#224; des pratiques telles que l'&#233;gorgement, les mutilations (nez ou oreilles coup&#233;es) et du discr&#233;dit que les tueries faisaient peser sur nous... &#187;2.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il devient enseignant de sociologie et d'histoire &#224; l'universit&#233; de Paris VIII (1975-1978), &#224; Paris-V (1976-1980) et Paris-VII (1985-1989). Il est ma&#238;tre de conf&#233;rences puis professeur &#224; l'universit&#233; Paris-VIII et est actuellement professeur &#233;m&#233;rite. Il ne retourne en Alg&#233;rie qu'en 19913.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Harbi est l'auteur de nombreux ouvrages de r&#233;f&#233;rence sur l'histoire de la &#171; r&#233;volution alg&#233;rienne &#187;. Il est membre du comit&#233; de parrainage du Tribunal Russell sur la Palestine, dont les travaux ont commenc&#233; le 4 mars 2009.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohamed Harbi, ancien militant du FLN&lt;br class='autobr' /&gt;
Le Monde.fr Le 19.03.2012&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;N&#233; en 1933 dans une famille de notables alg&#233;riens, Mohammed Harbi a &#233;t&#233; acteur de la lutte pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie. Un engagement dans le mouvement national n&#233; dans l'ambiance cr&#233;&#233;e par les &#233;v&#233;nements de mai 1945 en Alg&#233;rie : les massacres de S&#233;tif, Guelma et Kherrata, villes du Constantinois, victimes d'une r&#233;pression sanglante apr&#232;s des &#233;meutes populaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Il s'engage tr&#232;s t&#244;t au sein du Parti du peuple alg&#233;rien (PPA), fond&#233; en France en 1937 par Messali Hadj, au sein duquel il a tr&#232;s vite des responsabilit&#233;s. D&#232;s 1953, il milite en France au sein de l'Association des &#233;tudiants musulmans d'Afrique du nord. Apr&#232;s la scission du PPA, qui va donner naissance au Front de lib&#233;ration nationale (FLN), il va exercer des responsabilit&#233;s au sein du mouvement. D'abord en France, o&#249; il sera d&#232;s 1957, &#224; 24 ans, le dirigeant de la F&#233;d&#233;ration de France du FLN charg&#233; de la presse et de l'information.&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Harbi participe aux premi&#232;res n&#233;gociations des accords d'Evian. Apr&#232;s l'ind&#233;pendance en 1962, il devient conseiller du pr&#233;sident Ben Bella. Mais, apr&#232;s le coup d'Etat de Houari Boumediene, il est emprisonn&#233; en 1965.&lt;br class='autobr' /&gt;
En 1973, il rejoint la France. Historien, il enseigne &#224; l'universit&#233; Paris VIII et est l'auteur de nombreux ouvrages sur l'histoire de l'Alg&#233;rie, dont la Guerre d'Alg&#233;rie en collaboration avec Benjamin Stora, aux &#233;ditions Robert Laffont, 2004.&lt;br class='autobr' /&gt;
t&#233;moignage de Mohammed Harbi dans le Hors-s&#233;rie du Monde : &#034;Guerre d'Alg&#233;rie. M&#233;moires parall&#232;les&#034;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Mohammed Harbi, citoyennet&#233; et histoire, national et universel&lt;br class='autobr' /&gt;
Gilbert MEYNIER&lt;br class='autobr' /&gt;
On peut certes &#234;tre un citoyen sans &#234;tre un historien. En revanche, on ne peut &#224; mon sens &#234;tre historien sans &#234;tre citoyen. En effet, la volont&#233; sans concession de comprendre et d'&#233;clairer le pass&#233; se d&#233;duit souvent de l'engagement au pr&#233;sent dans la vie de la Cit&#233;. C'est, d'une part, la raison pour laquelle Mohammed Harbi a d&#251;, contraint et forc&#233;, se r&#233;signer &#224; devoir vivre dans la froideur de l'exil tant l'exp&#233;rience lui avait prouv&#233; qu'il lui &#233;tait difficile de vivre et travailler dans le libre &#233;panouissement dans son pays. C'est d'autre part, aussi, la raison pour laquelle, dans le champ historien comme dans le champ citoyen, Mohammed Harbi s'est toujours situ&#233; du c&#244;t&#233; de l'analyse et de la r&#233;flexion, contre celui de l'instinct et du r&#233;flexe. Son camp est bien celui des vrais intellectuels, lesquels ne peuvent &#234;tre que de vrais citoyens, aux antipodes des forteresses investies par les croyants irraisonn&#233;s. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lire la suite sur : &lt;a href=&#034;http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2006/06/18/2112428.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://etudescoloniales.canalblog.com/archives/2006/06/18/2112428.html&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Harbi, un combattant de la d&#233;mocratie et de l'autogestion&lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 28 novembre 2012 par Robi Morder&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; Mohammed Harbi est n&#233; en 1933 &#224; El Harrouch (Skikda). Il s'engage d&#232;s l'&#226;ge de 15 ans dans le combat contre le colonalisme et pour l'ind&#233;pendance de l'Alg&#233;rie. D'abord au PPA-MTLD, il est un responsable de l'organisation des &#233;tudiants nord-africains en France, puis membre de la direction de la F&#233;d&#233;ration de France du FLN o&#249; il s'occupe de la presse et de l'information. C'est en France qu'il a l'occasion de rencontrer des militants ouvriers et intellectuels comme Daniel Gu&#233;rin (qui dans Ci-git le colonialisme confirme que Mohammed Harbi est le r&#233;dacteur du texte de la F&#233;d&#233;ration de France sur le FLN, &#171; le PCF et la question alg&#233;rienne &#187; paru dans Quatri&#232;me internationale en 1958). Il participe aux premi&#232;res n&#233;gociations d'Evian et, apr&#232;s l'ind&#233;pendance, conseiller de la pr&#233;sidence sous Ben Bella. Dans Une vie debout, il retrace cet itin&#233;raire, jusqu'en 1962 pour le premier volume (le deuxi&#232;me est en chantier). Apr&#232;s l'ind&#233;pendance il s'affirme comme un des penseurs et praticiens de l'autogestion, qui se heurte &#224; une bonne part de l'appareil politico-administratif et militaire. Il participe &#224; la r&#233;daction du programme de Tripoli, dirige le journal R&#233;volution africaine, est conseiller aupr&#232;s de la pr&#233;sidence sous Ben Bella, et plus particuli&#232;rement anime avec d'autres (dont Michel Pablo &#8211; Raptis) le bureau national d'animation du secteur socialiste. Arr&#234;t&#233; en 1965 au moment du coup d'Etat de Boumedienne, il est emprisonn&#233;, puis plac&#233; en r&#233;sidence surveill&#233;e. Il s'&#233;vade en 1973 (Ben Bella restera en prison jusqu'en 1980). Avec Hocine Zaouane, lib&#233;r&#233; au m&#234;me moment, il portait le projet de constitution d'une gauche du FLN. Ils sont enfin libres de s'exprimer en public, et ils annoncent leur programme depuis Rome.&lt;br class='autobr' /&gt;
C'est en exil en France que Mohammed Harbi reprend des &#233;tudes d'histoire et langues orientales et devient l'un des principaux historiens de l'Alg&#233;rie contemporaine s'appuyant sur une approche sociologique des groupes sociaux et des classes, des pratiques qui lui permet de saisir les obstacles concr&#232;tement dress&#233;s face aux dynamiques autogestionnaires. Mais ses recherches ne l'ont pas retir&#233; des combats pour la d&#233;mocratie. Pour reprendre l'expression de Paul Bouchet sur ce type d'acteurs de l'histoire, Mohammed Harbi n'est pas un &#171; ancien combattant &#187;, c'est un vieux lutteur.&lt;br class='autobr' /&gt;
Pour aller plus loin : &lt;br class='autobr' /&gt;
&#8211; entretiens et conf&#233;rences film&#233;es&lt;br class='autobr' /&gt;
Entretien avec Mohammed Harbi sur TV5 (29 d&#233;cembre 2009) &lt;a href=&#034;http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Independances-afrique-cinquantenaire-2010/p-6151-Entretien-avec-Mohammed-Harbi.htm&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.tv5.org/cms/chaine-francophone/info/Les-dossiers-de-la-redaction/Independances-afrique-cinquantenaire-2010/p-6151-Entretien-avec-Mohammed-Harbi.htm&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Colloque international sur Messali Hadj. Tlemcen : 16 &#8211;18 septembre 2011. Partie 3, , intervention Mohammed Harbi. &lt;a href=&#034;http://www.youtube.com/watch?v=2uZNtqGD5B8&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.youtube.com/watch?v=2uZNtqGD5B8&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Universit&#233; de tous les savoirs. Bilan d'une guerre d'ind&#233;pendance, 14 mars 2012. &lt;a href=&#034;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/bilan_d_une_guerre_d_independance.1268&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.canal-u.tv/video/universite_de_tous_les_savoirs/bilan_d_une_guerre_d_independance.1268&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Mohammed Harbi. Alg&#233;rie : approches historiques du FLN. D'une g&#233;n&#233;ration &#224; l'autre, controverse. IREMMO, Paris. &lt;a href=&#034;http://vimeo.com/34843246&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://vimeo.com/34843246&lt;/a&gt;&lt;br class='autobr' /&gt;
Autour de Pierre Bourdieu et de la rencontre de l'Ethnologie et de la Sociologie, Bourdieu et l'Alg&#233;rie des ann&#233;es 60 (2011) Institut du Monde Arabe, &lt;a href=&#034;http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=108&amp;ress=579&amp;video=5525&amp;format=68&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://www.archivesaudiovisuelles.fr/FR/_video.asp?id=108&amp;ress=579&amp;video=5525&amp;format=68&lt;/a&gt;&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Cahiers de Mai&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Cahiers de Mai sont une revue cr&#233;&#233;e imm&#233;diatement apr&#232;s les &#233;v&#233;nements de mai 1968 et publi&#233;e jusqu'en 1974.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les participants sont d'origine politiques diverses : PCF (Daniel Anselme), CGT (amen&#233;s par le menuisier H. Fourni&#233;), ancienne gauche syndicale (Jean-Marcel Bouguereau, Marc Kravetz, Jean-Louis Peninou), PSU (Fromentin, Lichtenberger), communisme libertaire (Daniel Colson et Jacques Wajnsztejn), mao&#239;sme aussi (Daniel Lindenberg, Queysanne).&lt;br class='autobr' /&gt;
Le premier num&#233;ro de la revue para&#238;t le 15 juin 68 avec pour th&#232;me &#171; la Commune de Nantes &#187;. La parution est bi-hebdomadaire jusqu'au n&#176; 7 puis mensuelle jusqu'en 1974.&lt;br class='autobr' /&gt;
Le tirage de la revue oscille entre 17000 et 20000 exemplaires.&lt;br class='autobr' /&gt;
Une approche en terme d'enqu&#234;te&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Cahiers de Mai cherchent &#224; d&#233;velopper une pratique particuli&#232;re bas&#233;e sur l'enqu&#234;te ouvri&#232;re. Elle se distingue de celle entreprise de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes avec les Quaderni Rossi, par le fait que l'enqu&#234;te est men&#233;e directement &#224; partir du mouvement social lui-m&#234;me et non &#224; partir d'une analyse des transformations du capital.&lt;br class='autobr' /&gt;
&#171; Le r&#244;le politique de l'enqu&#234;te &#187;, article publi&#233; en juillet 1970 dans le n&#176; 22, propose une analyse de la conception des Cahiers de Mai. Elle se d&#233;finit en opposition avec l'enqu&#234;te de la sociologie industrielle qui est en plein d&#233;veloppement. Il s'agit de placer l'enqu&#234;te sous la direction ou au moins le contr&#244;le des travailleurs. L'enqu&#234;te sert &#224; faire ressortir l'exp&#233;rience ouvri&#232;re tout en faisant appara&#238;tre les id&#233;es nouvelles. Elle joue le r&#244;le politique de la reformation de la classe ouvri&#232;re et &#339;uvre &#224; la r&#233;alisation de l'unit&#233; de la classe1. Cette unit&#233; est lente &#224; se faire et les Cahiers de Mai auront tendance &#224; encourager des regroupements par secteurs qui donneront lieu &#224; des groupes et journaux comme Action-Cheminot et Action-PTT. Il s'agit aussi, m&#234;me si c'est plus implicite, de faire un bilan des luttes et des transformations du capital. A la &#171; communication verticale &#187; des syndicats qui laisse peu d'autonomie &#224; la base, les Cahiers de Mai opposent une liaison horizontale, &#224; la base comme ils tenteront de la mettre en place, par exemple, pendant les gr&#232;ves d'OS &#224; Berliet Lyon avec la r&#233;daction d'un texte par les travailleurs des ateliers en gr&#232;ve2 et au cours de la gr&#232;ve de Pennaroya de 1972, entre les diff&#233;rentes usines du groupe3, toutes plus ou moins en gr&#232;ve.&lt;br class='autobr' /&gt;
Un autre point de l'intervention du groupe est directement li&#233; &#224; un des &#233;checs du mouvement de mai avec la difficult&#233; qu'il y a eu &#224; relier la lutte de ceux qui &#233;taient &#224; l'ext&#233;rieur des entreprises et ceux qui &#233;taient &#224; l'int&#233;rieur. Les comit&#233;s &#233;tudiants-travailleurs ont repr&#233;sent&#233; une tentative de r&#233;ponse &#224; chaud &#224; ce probl&#232;me, mais ils ont eu une efficacit&#233; limit&#233;e et surtout, ils ont disparu ou sont en sommeil. Quant &#224; &#171; l'&#233;tablissement &#187; des militants ext&#233;rieurs, les Cahiers de Mai s'y refusent car ils trouvent cette pratique en vogue (au sein des groupes mao&#239;stes) artificielle. La pratique de l'enqu&#234;te ne va pas de soi et les d&#233;bats sont vifs, au sein m&#234;me du groupe, entre ceux, majoritaires, qui voient dans l'enqu&#234;te la base m&#234;me de la dynamique, &#224; condition que l'enqu&#234;te soit r&#233;ussie &#233;videmment, c'est-&#224;-dire que son utilisation dans l'usine fasse bouger les choses et ceux, minoritaires, qui parlent en termes de formation politique qui seule pourra permettre aux ouvriers les plus combatifs de r&#233;sister et aux pressions patronales et aux r&#233;cup&#233;rations syndicales ou gauchistes4. En fait, la revue m&#232;ne une s&#233;v&#232;re critique contre la th&#233;orie de l'avant-garde et de la conscience de classe import&#233;e de l'ext&#233;rieur. Les groupes ext&#233;rieurs sont critiqu&#233;s parce qu'ils cherchent &#224; apporter une dimension politique qui n'existerait pas dans la lutte elle-m&#234;me. La revue essaie de s'en tenir &#224; une ligne claire de d&#233;marcation de classe : &#171; Qui parle et au nom de qui ? &#187;5. Mais cette ligne qui rel&#232;ve d'une vision de la pure autonomie de la classe en lutte bute sur le fait que le capitalisme est un rapport social de d&#233;pendance entre deux classes certes antagonistes, mais aussi li&#233;es. D'o&#249; le r&#244;le des syndicats, d'o&#249; l'ambigu&#239;t&#233; de la revue &#224; leur &#233;gard. Elle bute aussi sur le fait que Mai 68 exprime en partie une crise de la th&#233;orie du prol&#233;tariat et une remise en cause du r&#244;le moteur de la classe ouvri&#232;re dans le processus de lutte contre un syst&#232;me qui est de plus en plus ressenti comme un syst&#232;me de domination et non pas simplement ou essentiellement d'exploitation. Cette crise sera manifeste apr&#232;s Lip et fatale aux Cahiers de Mai qui sont dissous en 1974.&lt;br class='autobr' /&gt;
Les Cahiers de Mai et la r&#233;volte des OS (Pennaroya, ..). &lt;br class='autobr' /&gt;
&lt;a href=&#034;http://autogestions.over-blog.com/article-les-cahiers-de-mai-et-la-revolte-des-os-pennaroya-77534606.html&#034; class=&#034;spip_url spip_out auto&#034; rel=&#034;nofollow external&#034;&gt;http://autogestions.over-blog.com/article-les-cahiers-de-mai-et-la-revolte-des-os-pennaroya-77534606.html&lt;/a&gt; &lt;br class='autobr' /&gt;
Publi&#233; le 23 juin 2011 par Mae Bat &lt;br class='autobr' /&gt;
Pennaroya, le Joint Fran&#231;ais, Renault Billancourt, quelques noms d'entreprises et de conflits autour desquels vont s'articuler la r&#233;volte des OS et il me semble que de t&#233;moignage reconnu de ces vies en entreprise, du croisement d'avec une g&#233;n&#233;ration d'universitaire, il nous reste le livre d'un &#034;mao&#034;, Robert Linhart &#034;l'&#233;tabli&#034; (Ed de Minuit). &lt;br class='autobr' /&gt;
L'exp&#233;rience des &#034;Cahiers de Mai&#034; reste moins connue pour cause d'h&#233;t&#233;rodoxie de son &#233;quipe, d'absence de filiation revendiqu&#233;e, elle peut encore &#234;tre rapproch&#233;e du travail men&#233; par ICO (Information et correspondance ouvri&#232;re) par certains aspects, sans doute pas par l'effondrement dans l'activisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
Mais c'est bien dans ce qui rapproche ces deux exp&#233;riences que l'on peut aujourd'hui trouver un int&#233;r&#234;t &#224; ces histoires militantes, comment peut s'articuler l'intervention militante avec une d&#233;marche respectueuse de l'autonomie ouvri&#232;re. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'article de G&#233;rard Vindt dans le mensuel &#034;Alternatives Economiques&#034; permet de mieux comprendre encore l'actualit&#233; des combats de l'&#233;poque en terme de questions sociales. Les politiques d'immigration conduites par le patronat ont un r&#244;le essentiel dans la constitution de cette cat&#233;gorie d'OS apr&#232;s qu'ait &#233;t&#233; absorb&#233; le mouvement de population cons&#233;cutif &#224; l'exode des campagnes. Ce choix de l'immigration jouera contre les salaires mais aussi contre la sant&#233; des travailleurs (la question de l'exposition au plomb &#224; la Pennaroya) et plus encore en faisant pr&#233;valoir le choix du travail &#233;clat&#233; contre les qualifications requises par l'emploi professionnel, elle conduira enfin &#224; la perte de comp&#233;titivit&#233; et &#224; la d&#233;sindustrialisation. Mais l'int&#233;r&#234;t de l'article est de relever encore - et donc en perspective des luttes &#224; mener - &#224; travers les &#233;volutions du management taylorien (z&#233;ro stock ..), les &#233;volutions des outils de production, le lien entre les victimes du &#034;travail &#233;clat&#233;&#034;, les OS, et les modernes op&#233;rateurs dont l'illusoire autonomie, et d'abord &#224; l'&#233;gard du travail d'&#233;quipe, est cause des suicides constat&#233;s &#224; Orange, Renault, .. M.B.&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#034;... Les Cahiers de mai qui naissent justement pendant le mouvement [de Mai 1968], vont d&#233;velopper une pratique particuli&#232;re bas&#233;e sur l'enqu&#234;te ouvri&#232;re. Elle se distingue de celle entre&#172;prise de l'autre c&#244;t&#233; des Alpes avec les Quaderni Rossi, par le fait que l'enqu&#234;te est men&#233;e directement &#224; partir du mouvement social lui-m&#234;me et non &#224; partir d'une analyse des transformations du capital. &#171; Le r&#244;le politique de l'enqu&#234;te &#187;, article publi&#233; en juillet 1970 dans le n&#176;22, propose une analyse de la conception des Cahiers de Mai. Elle se d&#233;finit en opposition avec l'enqu&#234;te de la sociologie industrielle qui est en plein d&#233;veloppement. Il s'agit de placer l'enqu&#234;te sous la direction ou au moins le contr&#244;le des travailleurs. L'enqu&#234;te sert &#224; faire ressortir l'exp&#233;rience ouvri&#232;re tout en faisant appara&#238;tre les id&#233;es nouvelles. &lt;br class='autobr' /&gt;
Elle joue le r&#244;le politique de la reformation de la classe ouvri&#232;re et &#339;uvre &#224; la r&#233;alisation de l'unit&#233; de la classe. Cette unit&#233; est lente &#224; se faire et Les Cahiers de Mai auront tendance &#224; encourager des regroupements par secteurs qui donneront lieu &#224; des groupes et journaux comme Action-Cheminot et Action-PTT. Il s'agit aussi, m&#234;me si c'est plus implicite, de faire un bilan des luttes et des transformations du capital. A la &#171; communication verticale &#187; des syndicats qui laisse peu d'autonomie &#224; la base, Les Cahiers de Mai opposent une liaison horizontale, &#224; la base comme ils tenteront de la mettre en place, par exemple, pendant les gr&#232;ves d'OS &#224; Berliet Lyon avec la r&#233;daction d'un texte par les travailleurs des ateliers en gr&#232;ve et au cours de la gr&#232;ve de Pennaroya de 1972, entre les diff&#233;rentes usines du groupe, toutes plus ou moins en gr&#232;ve ... &lt;br class='autobr' /&gt;
La pratique de l'enqu&#234;te ne va pas de soi et les d&#233;bats sont vifs, au sein m&#234;me du groupe, entre ceux, majoritaires, qui voient dans l'enqu&#234;te la base m&#234;me de la dynamique, &#224; condi-tion que l'enqu&#234;te soit r&#233;ussie &#233;videmment, c'est-&#224;-dire que son utilisation dans l'usine fasse bouger les choses et ceux, minoritaires, qui parlent en termes de formation politique qui seule pourra permettre aux ouvriers les plus combatifs de r&#233;sister et aux pressions patronales et aux r&#233;cup&#233;rations syndicales ou gauchistes. En fait, la revue m&#232;ne une s&#233;v&#232;re critique contre la th&#233;orie de l'avant-garde et de la conscience de classe import&#233;e de l'ext&#233;rieur. Les groupes ext&#233;rieurs sont critiqu&#233;s parce qu'ils cherchent &#224; apporter une dimension politique qui n'existerait pas dans la lutte elle-m&#234;me. (LIRE)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt; REBELLYON - Bilan critique de l'activit&#233; des &#034;Cahiers de Mai&#034; (14 Juin 2011) &lt;br class='autobr' /&gt; Alternatives &#233;conomiques - &#034;1971 1973 La r&#233;volte des OS&#034; (Juin 2011 n&#176;303)&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;&#8195;&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_373 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L180xH241/durruti-459b8.jpg?1728383701' width='180' height='241' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;&lt;strong&gt;Buenaventura Durruti&lt;/strong&gt;, 1896-1936&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Buenaventura Durruti (14 juillet 1896 - 20 novembre 1936) fut une des figures principale de l' anarchisme espagnol avant et pendant la guerre civile espagnole.&lt;br class='autobr' /&gt;
Fichier:Durutti b.jpg&lt;/p&gt;
&lt;p&gt;Le 14 juillet 1896, dans la famille Durruti-Demange, &#224; Le&#243;n (Espagne), na&#238;t Buenaventura. &lt;br class='autobr' /&gt;
A cette &#233;poque-l&#224;, en Espagne, le malaise est g&#233;n&#233;ral. Les affrontements se multiplient entre les forces de l'ordre et les journaliers andalous, les mineurs asturiens, ou les ouvriers basques ou catalans. 1898 par ailleurs, marque l'effondrement de ce qu'il reste de l'empire colonial. En 1903, le p&#232;re de Buenaventura est arr&#234;t&#233; parce qu'il a particip&#233; &#224; une gr&#232;ve et les repr&#233;sailles qui s'ensuivent touchent toute la famille. L'enfant continue tout de m&#234;me &#224; aller en classe jusqu'&#224; 14 ans, &#226;ge o&#249; il entre comme apprenti m&#233;canicien dans l'atelier de Melchor Martinez qui est consid&#233;r&#233; comme un r&#233;volutionnaire acharn&#233; parce qu'il lit El Socialista dans les bars. &lt;br class='autobr' /&gt;
En 1912, il adh&#232;re &#224; l'Union des M&#233;tallurgistes, association li&#233;e &#224; l'Union General de Trabajadores (UGT) , seul syndicat existant &#224; Le&#243;n . Tr&#232;s vite, il commence &#224; discuter et &#224; se d&#233;marquer des dirigeants qui ne voient pas d'un tr&#232;s bon oeil ce qu'ils qualifient &#034;d'impatience r&#233;volutionnaire&#034; et qu'ils opposent &#224; &#034;l'opportunisme politique&#034;. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'Espagne conna&#238;t alors une p&#233;riode d'essor industriel, mais aussi de m&#233;contentement grandissant, de gr&#232;ves continuelles. La vie des ouvriers devient de plus en plus difficile. Le gouvernement d&#233;cide &#233;galement de r&#233;tablir la censure. La CNT et l'UGT signent alors un accord o&#249; est annonc&#233;e la gr&#232;ve g&#233;n&#233;rale pour le 13 ao&#251;t 1917 qui dure quelques jours. A cette &#233;poque, Buenaventura Durruti se trouve &#224; Matallana pour y installer des machines dans les mines. Il d&#233;cide alors avec ses camarades d'&#234;tre solidaire des gr&#233;vistes et gagne ainsi une certaine popularit&#233; dans la r&#233;gion des Asturies et du Leon. Le gouvernement espagnol fit appel &#224; l'arm&#233;e pour faire cesser cette gr&#232;ve, ils tu&#232;rent 70 personnes, bless&#232;rent plus de 500 travailleurs et 2000 gr&#233;vistes furent enprisonn&#233;s sans proc&#232;s l&#233;gal. L'arm&#233;e avait, d'apr&#232;s un observateur : &#171; Sauv&#233; le pays &#187;. Finalement Durruti est licenci&#233; et expuls&#233; de l'Union M&#233;tallurgiste. Durruti s'enfuit en France. &lt;br class='autobr' /&gt;
La d&#233;couverte de l'anarchisme&lt;br class='autobr' /&gt;
Exil&#233; &#224; Gijon (Espagne) par la r&#233;pression, il rencontre Manuel Buenacasa, qui l'initie aux th&#233;ories anarchistes. Refusant le service militaire, il part pour Paris. Durant son exil jusqu'en 1920, Durruti travailla &#224; Paris comme m&#233;canicien.Il y rencontrera S&#233;bastien Faure, Louis Lecoin et &#201;mile Cottin. C'est avec eux qu'il d&#233;couvre l'anarchie et il comprend qu'elle correspond au socialisme r&#233;volutionnaire qui est le sien. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'engagement anarchiste&lt;br class='autobr' /&gt;
Durruti retourna &#224; Barcelone et devint un militant influent &#224; l'int&#233;rieur de deux des plus grandes organisations anarchistes d'Espagne &#224; cet &#233;poque : la Confederaci&#243;n nacional del trabajo (CNT) et la Federaci&#243;n anarquista ib&#233;rica (FAI). Il refuse les responsabilit&#233;s que lui propose le Comit&#233; de la CNT, pour lui : &#034;L'important n'est pas le poste de responsable. L'important c'est la vigilance de la base pour obliger ceux d'en haut &#224; faire leur devoir sans tomber dans la bureaucratie.&#034; &lt;br class='autobr' /&gt;
En Espagne, l'agitation sociale se poursuit : contre la mont&#233;e en force du syndicalisme, c'est l'escalade de la r&#233;pression, des arrestations, du &#034;pistolerismo&#034; officiel et du cynisme de la fameuse &#034;ley de fugas&#034;. C'est alors que se forme le groupe anarchiste &#034;Los Justicieros&#034; avec la participation de Durruti. Il projette un attentat contre le roi Alphonse XIII, mais les pr&#233;paratifs sont d&#233;couverts et on attribue le complot &#224; Durruti. Il s'enfuit alors avec ses camarades vers Barcelone, il s'arr&#234;te &#224; Saragosse, r&#233;gion de forte tradition anarchiste o&#249; r&#232;gne &#224; ce moment-l&#224; une relative tranquillit&#233; qui va bient&#244;t dispara&#238;tre. Lors de la cl&#244;ture de la Conf&#233;rence des Syndicats de Saragosse, Salvador Segui accuse publiquement le gouvernement du terrorisme existant dans le pays. Francisco Ascaso que la pression populaire a r&#233;ussi &#224; faire lib&#233;rer de prison peut alors rencontrer Durruti. &lt;br class='autobr' /&gt;
Fin 1922, face au syst&#232;me de r&#233;pression aveugle et syst&#233;matique de la part du gouvernement, ils d&#233;cident de constituer un nouveau groupe : &#034;Los Solidarios&#034; dans le but est de faire face &#224; la violence du &#034;pistolerismo&#034; et de soutenir la structure de la CNT dans une perspective anarchiste. Durruti est en prison &#224; Madrid lorsque se produisent les attentats de mai et juin 1923 o&#249; trouvent la mort le gouverneur Regueral &#224; Saint S&#233;bastien et le cardinal Soldevila &#224; Saragosse, des attentats qui viennent en r&#233;ponse aux assassinats de Salvador S&#233;gui et Francisco Comas. &lt;br class='autobr' /&gt;
L'exil &lt;br class='autobr' /&gt;
A partir de ce moment, la vie de Durruti et Ascaso devient un incessant aller et retour entre Espagne et pays &#233;trangers. Au d&#233;but de la dictature de Miguel Primo de Rivera, ils s'enfuient tous deux en France o&#249; ils fr&#233;quentent les milieux anarchistes. Ils partent ensuite pour l'Am&#233;rique : Cuba, Mexique, Chili, Argentine ... L&#224;, ils se font conna&#238;tre sous le nom de &#034;Los Errantes&#034;. Recherch&#233;s par la police apr&#232;s un hold-up dans une banque, ils se r&#233;fugient en Uruguay dans le but de regagner la France, ce qui est fait en mai 1926. &lt;br class='autobr' /&gt;
Comme on annonce &#224; Paris la visite d'Alphonse XIII et de Miguel Primo de Rivera, ils veulent pr&#233;parer un coup d'&#233;clat, mais la police fran&#231;aise intervient. Gr&#226;ce aux interventions des infatigables Louis Lecoin, S&#233;bastien Faure et l'avocat Henri Torres, et gr&#226;ce aussi &#224; la mobilisation des parisiens, Ascaso, Durruti et Jover retrouvent leur libert&#233; le 14 juillet 1927 sous une condition : ils doivent quitter le territoire fran&#231;ais dans un d&#233;lai de deux semaines. C'est pr&#233;cis&#233;ment au cours de ces quelques jours que Durruti rencontre Makhno. La police permet &#224; Durruti et Ascaso &#224; entrer clandestinement en Belgique. Ils restent quelque temps &#224; Bruxelles, soutenus par Hem Day, jusqu'&#224; ce que la police belge &#224; son tour les fasse &#224; repasser en France. Apr&#232;s une nouvelle expulsion, on les retrouve en Allemagne o&#249; ils rencontrent Augustin Souchy et Rudolf Rocker. &lt;br class='autobr' /&gt;
Ils reviennent finalement en Belgique &#224; la faveur des nouvelles lois qui leur permettent de rester dans le pays &#224; condition de changer de nom. Une nouvelle vie commence. Ils obtiennent du travail -Ascaso comme peintre et Durruti comme m&#233;canicien-, ils retrouvent leurs compagnes, Berthe et Emilienne, se mettent aux &#233;tudes et Durruti s'occupe plus pr&#233;cis&#233;ment du Comit&#233; Anarchiste International qui &#233;dite des publications int&#233;ressant le mouvement anarchiste en g&#233;n&#233;ral. &lt;br class='autobr' /&gt;
Pendant ce temps, en Espagne, la dictature de Primo de Rivera est remplac&#233;e par celle moins stricte de Berenguer. La CNT reprend ses forces, les r&#233;publicains accentuent leur pression. En d&#233;cembre 1930, c'est l'insurrection de Jaca qui se termine par la condamnation &#224; mort et l'ex&#233;cution de ses deux instigateurs : Garcia Hernandez et Galan. Le 14 avril 1931, c'est l'enthousiasme g&#233;n&#233;ral qui accueille la &#034;Nina bonita&#034;ou nouvelle r&#233;publique. &lt;br class='autobr' /&gt;
Durruti revient &#224; Barcelone d&#232;s le 15 avril dans une ambiance de liesse. Mais, d&#233;j&#224; le 1er mai, les travailleurs de la CNT sont victimes d'une provocation qui ne d&#233;g&#233;n&#232;re pas gr&#226;ce en particulier au sang-froid de Durruti. Le 10 juin &#224; Madrid d&#233;bute le III&#232;me Congr&#232;s National de la CNT. Les positions radicalement diff&#233;rentes de Peiro et Pestana (proche du manifeste des trente) d'une part et de Durruti, Ascaso et Garcia Oliver d'autre part, sont inconciliables. En juillet, c'est la gr&#232;ve nationale de la Compagnie des T&#233;l&#233;phones &#034;La Telefonica&#034;, et son cort&#232;ge d'arrestations, d'assassinats. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de la Publication du Manifeste des Trente, la presse bourgeoise qui le reproduit int&#233;gralement en profite pour qualifier les anarchistes de &#034;bandits avec la carte de la CNT&#034;. Durruti participe constamment &#224; des meetings, des assembl&#233;es, des r&#233;unions. A Leon, il subit un chantage pour l'emp&#234;cher de prendre la parole lors d'un meeting et finalement il re&#231;oit une somme d'argent comme indemnit&#233; de son licenciement de 1917 ! &lt;br class='autobr' /&gt;
En prenant comme pr&#233;texte de mettre fin &#224; la r&#233;bellion de Figols, le 19 janvier 1932, le gouvernement envoie quelques 110 militants de la CNT dans le bateau-prison &#034;Buenos Aires&#034; qui met le cap sur l'Afrique dans une &#034;travers&#233;e&#034; qui va durer presque neuf mois. &lt;br class='autobr' /&gt;
A leur retour &#224; Barcelone, Ascaso, Durruti et Cano Ruiz -les trois derniers &#224; &#234;tre lib&#233;r&#233;s- peuvent constater que malgr&#233; tout, la CNT est pass&#233;e de 800 000 &#224; presque 1 200 000 adh&#233;rents. L'activit&#233; militante est incessante. &lt;br class='autobr' /&gt;
Le groupe &#034;Nosotros&#034; avec Ascaso, Durruti, Garcia Oliver, incarne le c&#244;t&#233; le plus dynamique de la CNT et de la FAI. Cependant, des mesures r&#233;pressives sont instaur&#233;es par le Front Populaire : elles n'en sont que plus intol&#233;rables. Durruti proclame lors du meeting du 10 d&#233;cembre 1932 : &lt;br class='autobr' /&gt;
Les r&#233;publicains et les socialistes du gouvernement ont pens&#233; que les hommes et les femmes qui militent et agissent dans les rangs de la CNT et de la FAI, sont un troupeau qu'ils dirigent et gouvernent depuis leurs partis. Et donc ils ont conclu que s'ils emprisonnaient quelques &#034;chefs&#034; et en en d&#233;portaient quelques autres, la CNT cesserait d'agir et qu'ils pourraient eux continuer &#224; manger tranquillement dans les r&#226;teliers de l'Etat. Ils se sont tromp&#233;s dans leurs calculs et ils ont ainsi une fois de plus d&#233;montr&#233; leur m&#233;connaissance de la r&#233;alit&#233; sociale et de la raison d'&#234;tre de l'anarchisme. &lt;br class='autobr' /&gt;
La guerre d'Espagne et la colonne Durruti.&lt;br class='autobr' /&gt;
La droite remporte sans surprise les &#233;lections en novembre 1933. Les syndicats savent d&#233;j&#224; que le gouvernement va conserver la m&#234;me ligne en la durcissant si possible, en utilisant des lois funestes comme celle du &#034;vagabondage&#034; (ley de vagos y maleantes) qui est maintenant applicable aux socialistes et autres militants de gauche. La CNT se pr&#233;pare &#224; r&#233;sister &#224; la r&#233;pression qui va augmenter vertigineusement. Apr&#232;s les insurrections d'Aragon et des Asturies, en 1935, 30 000 personnes sont emprisonn&#233;es pour leurs opinions politiques. Les &#233;lections approchent. La CNT et la FAI organisent des meetings o&#249; participe Durruti r&#233;cemment lib&#233;r&#233; de prison et o&#249; il proclame avec passion que l'Espagne est &#224; la veille d'une r&#233;volution ou d'une guerre civile. &lt;br class='autobr' /&gt;
Nul besoin de rappeler les r&#233;sultats de ces &#233;lections ni l'agitation qui s'en suit jusqu'au fatidique 18 juillet. Le 17 f&#233;vrier 1936, le lendemain m&#234;me des &#233;lections, Calvo Sotelo et le G&#233;n&#233;ral Franco se pr&#233;sentent devant Tortela Valladares -responsable du pouvoir selon la Constitution- pour exiger de lui qu'il d&#233;cr&#232;te imm&#233;diatement l'&#233;tat de si&#232;ge. &lt;br class='autobr' /&gt;
Travaillant &#233;troitement avec ses camarades, Durruti aida &#224; la coordination de la r&#233;sitance face &#224; la rebellion militaire. Tr&#232;s vite la Colonne Durruti est cr&#233;&#233;e. Elle part le 24 juillet avec ses 3000 hommes pour Zaragosse. La colonne Durruti, organis&#233;e &#224; la h&#226;te, fait reculer le front jusqu'&#224; l'&#200;bre et lib&#232;re l'Aragon, o&#249; pour la premi&#232;re fois apparaissent, sous le nom de &#171; collectivit&#233;s &#187;, des entit&#233;s sociales dont la gestion est confi&#233;e &#224; l'ensemble des individus. Apr&#232;s une br&#232;ve et sanglante bataille &#224; Caspe, la colonne s'arr&#234;te &#224; Pina de Ebro. Sur les conseil d'un officier regulier de l'arm&#233;e, ils remirent &#224; plus tard l'assaut de Zaragoza. &#192; mesure que s'instaurait l'exp&#233;rience libertaire, le gouvernement central s'employait &#224; neutraliser l'action de Durruti : refus de lui accorder des armes, tracasseries administratives et hostilit&#233; de plus en plus active du Parti communiste. &#192; la diff&#233;rence d'autres responsables anarchistes, Durruti ne s'est jamais autoris&#233; des succ&#232;s remport&#233;s pour s'arroger quelque pouvoir personnel que ce soit. Son erreur fut peut-&#234;tre de s'accommoder des m&#233;canismes d'un pouvoir en place, qui ne pouvait que se dresser contre lui. &lt;br class='autobr' /&gt;
Lors de l'offensive contre Madrid, en octobre-novembre 1936, la colonne Durruti est appel&#233;e &#224; la rescousse et dirig&#233;e sur le quartier le plus menac&#233;. Le 19 novembre, Durruti est mortellement bless&#233; dans des conditions assez myst&#233;rieuses (une mitrailleuse emball&#233; au sein de la colonne ; le mat&#233;riel de mauvaise qualit&#233; ou le manque de mat&#233;riel faisant d&#233;faut aux combattants). &lt;br class='autobr' /&gt;
Le corps de Durruti fut transport&#233; &#224; travers le pays jusqu'&#224; Barcelone pour ses fun&#233;railles. Plus d'un 250000 personnes defil&#232;rent dans la rue pour accompagner le cort&#232;ge fun&#233;raire sur la route jusqu'au cimeti&#232;re. Ce fut la derni&#232;re d&#233;monstration publique &#224; grande &#233;chelle de la force des anarchistes pendant la guerre civile espagnole.&lt;/p&gt;
&lt;div class='spip_document_374 spip_document spip_documents spip_document_image spip_documents_left spip_document_left'&gt;
&lt;figure class=&#034;spip_doc_inner&#034;&gt; &lt;img src='https://outilsdusoin.fr/local/cache-vignettes/L180xH134/durruti_funerailles-c2ffa.jpg?1728383701' width='180' height='134' alt='' /&gt;
&lt;/figure&gt;
&lt;/div&gt;
&lt;p&gt;La disparition de Durruti et l'affaiblissement des milices anarchistes allaient faciliter une politique de r&#233;pression, qui culmina avec la liquidation des collectivit&#233;s aragonaises et les affrontements de Barcelone en 1937. &lt;br class='autobr' /&gt;
Citation&lt;br class='autobr' /&gt;
&#034;Il n'y a que deux routes pour la classe ouvri&#232;re, la Libert&#233;, ou la victoire des fascistes, qui veut dire la Tyrannie. Les combattants des deux c&#244;t&#233;s savent ce qui est en r&#233;serve pour le perdant. Nous sommes pr&#234;ts &#224; mettre fin au fascisme une fois pour toutes, m&#234;me en d&#233;pit du gouvernement R&#233;publicain.&#034;&lt;/p&gt;&lt;/div&gt;
		
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